mis à jour le

Tentative d’assassinat de l’avocat parisien : six acquittements au procès Achoui

Les six hommes jugés pour tentative d'assassinat en 2007 de l'ex-star du barreau parisien, Karim Achoui, ont été acquittés par la cour d'assises de Paris vendredi, au terme d'un procès qui n'a pas dissipé les zones d'ombre de l'affaire. Les jurés n'ont pas retenu toutes les réquisitions de l'avocat général qui avait réclamé 20 ans de prison à l'encontre de Rudy Terranova, 35 ans, présenté comme le tireur, et 15 ans contre Mamadou Ba, 31 ans, le pilote présumé de la moto utilisée pour l'agression. Il avait en revanche requis l'acquittement pour les quatre autres accusés. Défenseur pénaliste renommé, aujourd'hui radié du barreau, Karim Achoui a été atteint de deux balles de gros calibre le 22 juin 2007 peu avant 22h alors qu'il quittait son cabinet du boulevard Raspail, dans le 7e arrondissement de la capitale. Les six acquittements soulignent les faiblesses d'une enquête qui n'a pas éclairé les jurés sur les mobiles du guet-apens visant, fait rarissime, un avocat, et qui s'est contentée de faisceaux d'indices et non de preuves, comme l'avait d'ailleurs souligné l'accusation elle-même pour quatre des accusés. Les avocats de Karim Achoui ont estimé que ces verdicts devraient amener les policiers et la justice à se poser des questions puisqu'ils avaient toujours affirmé tenir les coupables. Karim Achoui, lui-même, a jugé ces acquittements en partie positifs. «Dans le doute, en France, on acquitte, c'est la règle», a-t-il dit aux journalistes. «D'un autre côté, c'est un naufrage judiciaire. J'apprends aujourd'hui que cinq accusés n'avaient rien à faire dans le box, et que pour le sixième, que j'ai reconnu formellement, cela n'a pas été suffisant.» «j'ai changé» Avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, Rudy Terranova avait réaffirmé son innocence et  surtout nié avoir été un indicateur de police, comme l'a confirmé à la barre son officier traitant au risque de l'exposer à des représailles. «J'ai honte de ce qui a été dit sur moi, on a dit que j'étais un collabo, c'est faux. Je vous demande de me redonner mon honneur», a-t-il dit d'une voix sourde. «Je suis capable de tirer sur quelqu'un, c'est vrai, mais pas dans ces circonstances. Je suis quelqu'un d'impulsif. Mais j'ai changé, j'essaye de me convaincre que j'ai changé», a-t-il ajouté. Au cours du procès, l'accusé a cherché à avoir une apparence moins agressive en rasant sa barbe noire très fournie et en portant des lunettes, sans pouvoir retenir ses coups de colère. Karim Achoui avait identifié Rudy Terranova, un Corse passé du djihad au grand banditisme, lors d'un «tapissage» policier, affirmant avoir été frappé par le regard de son agresseur, qui avait relevé la visière de son casque avant de tirer. En revanche, il s'est fait le quasi défenseur du commanditaire et des trois intermédiaires présumés en affirmant que les quatre hommes n'avaient rien à faire dans le box des accusés. Comme il l'avait déjà fait dans un livre, l'ex-avocat, partie civile, a tenté de convaincre que cette tentative de meurtre était le fruit d'un complot ourdi par des policiers furieux de ses succès dans la défense des «grands voyous». Il a souligné le rôle trouble, selon lui, d'un responsable policier qui avait livré à ses collègues de la brigade criminelle chargés de l'enquête le nom de certains accusés, dont celui de Rudy Terranova. Or, ce dernier était l'indicateur -- dûment enregistré au fichier concerné -- du commissaire Stéphane Lapeyre qui, cité comme témoin, a refusé de dévoiler sa source. Mobiles obscurs Stéphane Lapeyre s'est dit révolté contre la «calomnie» qui le poursuit depuis cinq ans, estimant que Karim Achoui voulait l'impliquer pour donner des gages aux commanditaires de la tentative de meurtre afin qu'ils ne recommencent pas. «Veut-il envoyer un message aux voyous, aux véritables commanditaires pour leur dire : ''vous voyez, je ne dis rien, je vous couvre mais ne recommencez pas'' ?», a-t-il dit. Dans son réquisitoire, l'avocat général a lui aussi balayé la thèse d'un complot policier tout en reconnaissant que les mobiles de la tentative d'assassinat restaient «obscurs», même s'il y voyait la marque du grand banditisme.  

El Watan

Ses derniers articles: Programme AADL 2 : les résultats communiqués  Tizi Ouzou : Les retraités de l‘ANP s’organisent  Sellal : Les visites de terrain n'ont rien 

procès

AFP

Maroc: nouveau report du procès de sept journalistes

Maroc: nouveau report du procès de sept journalistes

AFP

Maroc: les accusés du procès "Gdeim Izik" se retirent

Maroc: les accusés du procès "Gdeim Izik" se retirent

AFP

Burkina: suspension du procès du dernier gouvernement Compaoré

Burkina: suspension du procès du dernier gouvernement Compaoré