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Bons baisers de Nador

Encore une histoire à dormir debout à la une de l'actualité marocaine. Deux jeunes Marocains sont actuellement entre les mains des autorités pour avoir publié sur Facebook  des photos d'un baiser entre jeunes adolescents consentants. Le plus troublant dans cette affaire, dont les contours sont comme toujours un peu flous, c'est que c'est une association de défense des droits de l'homme de la ville de Nador qui a dénoncé ces jeunes pour leur acte infâme.

Les responsables de l'association ont retiré leur plainte mais cela n'a pas suffit à faire libérer les dangereux adolescents. Depuis quelques jours, les arguments s'affrontent sur la toile, entre partisans indignés des libertés individuelles et défenseurs de la loi et plus généralement de la morale musulmane.

Pourtant, cet énième fait divers, suffisamment important pour occulter l'absence de gouvernement, ne fait que révéler le degré d'hypocrisie qui règne dans notre pays. Car si au Maroc, les autorités en sont au stade d'arrêter les jeunes qui s'embrassent, pourquoi ne font-elles pas un tour du côté du boulevard Ziraoui à Casablanca, ou aux abords de n'importe quel lycée privé d'une grande ville ?

Doit-on attendre un cas aberrant comme celui de Nador pour se rappeler que quand on est jeune, on a tendance à vouloir s'embrasser ? Qu'offre-t-on à notre jeunesse comme alternative pour pouvoir prétendre lui enlever le réconfort de l'amour ? Que répondre aux internautes pour lesquels ce qui s'est passé relève de la pornographie infantile ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Par quel biais erroné avons-nous inculqué à nos concitoyens que s'embrasser est un acte suffisamment grave pour risquer la prison ?

La loi est sensée protéger les citoyens, et elle failli dans ce cas à sa mission en transformant l'innocence de l'adolescence en travers moral. Quant à la religion, il n'est pas question de l'impliquer dans cette histoire. Nous ne pouvons encore une fois autoriser son instrumentalisation hypocrite et aveugle.

Oui, il existe deux Maroc, un moderne et l'autre au mieux conservateur, au pire rétrograde, et Internet les révèle l'un à l'autre de manière brutale. Pourtant, ce n'est pas un combat qu'il faut mener, mais une conciliation entre ces deux composantes. Et c'est précisément le rôle du juge, qui doit statuer qu'il a autre chose à faire que d'envoyer des adolescents dans des prisons où ils risquent fort de vivre une autre réalité bien plus grave que les actes pour lesquels ils sont condamnés.

C'est le rôle de la presse de continuer à relever que quelque chose cloche ici-bas et de maintenir le débat ouvert. Mais c'est aussi le rôle de chacun d'entre nous de ne pas accepter l'inacceptable, en espérant que bon an, mal an, nous finissions par garder le cap vers un Maroc équilibré, entre traditions et modernité, où chacun trouve sa place en toute liberté et conscience, sans jugement ni ostracisme.

Zouhair Yata

La Nouvelle Tribune

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baisers

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