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Gouvernance de l’utilisation de l’internet : un débat décalé

Le fait que l'Algérie ait abrité, en ce début du mois d'octobre (du 1er au 3 octobre), un forum arabe dédié à «la gouvernance de l'internet» incline à penser que le développement d'internet et des nouvelles technologie de l'information et de la communication a atteint un stade de performance de nature à inspirer les expériences arabes présentées au sommet d'Alger. S'exprimant devant les participants à cette rencontre régionale organisée sous l'égide de l'ONU, la ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication, Mme Derdouri, a indiquéé qu'«aucune limite à l'utilisation de l'Internet» n'est observée en Algérie. Aucune restriction n'est imposée aux internautes à l'exception des sites subversifs, a-t-elle assuré. Nul ne peut en effet contester cette réalité. Tant est si bien que des voix n'ont pas manqué de s'élever pour interpeller les pouvoirs publics sur le contrôle des cybercafés afin que ces pôles de consommation d'internet grand public ne soient pas dévoyés et déviés de leur vocation de lieu de rayonnement culturel et de savoir, de fenêtre ouverte sur le monde. Mais serait-ce là un critère suffisant pour jauger la volonté politique des pouvoirs publics de s'ouvrir aux nouvelles technologies de l'information et de la communication avec ce souci constant de densifier le réseau pour assurer une plus grande justice sociale et démocratisation par rapport à l'accès à internet ? Assurément non ! D'ailleurs, même si on le voudrait, il est aujourd'hui techniquement parlant difficile pour un Etat de se prémunir contre les risques et les déviations de certains contenus d'internet qui arrivent à déjouer tous les filtres et tous les boucliers de défense que l'on met en place. Le combat qu'il faut mener aujourd'hui pour rattraper le retard accusé par l'Algérie en matière de généralisation et de pénétration de l'internet par rapport à nos voisins, ce n'est pas tant de savoir si l'accès à internet est libre ou pas. La révolution numérique a enterré les censeurs qui sévissaient dans les salles de rédaction et dans toutes les sphères de la communication. L'atteinte à la liberté de la circulation de l'information la plus pernicieuse est celle qui consiste à retarder, à ne pas démocratiser le système internet dont les régimes autocratiques arabes ont expérimenté à leurs dépens l'étendue de la menace pour leur survie à la faveur des Printemps arabes. La polémique qu'a soulevée l'introduction de la 3G en Algérie renseigne sur les enjeux de la transition numérique dans notre pays qui n'a fait que confirmer ce postulat de base, selon lequel la révolution numérique ne pourrait pas aller plus vite et plus loin que l'état des libertés et de la démocratie dans le pays. Alors parler de gouvernance de l'utilisation d'internet dans un pays comme l'Algérie, où l'accès à ce moyen de communication reste encore très limité et archaïque par rapport à la taille de la population, apparaît comme un débat décalé par rapport aux réalités. Tandis que dans les pays du Nord, l'accès à internet s'est socialisé au point qu'il est offert sous forme de package à bon marché, en y incluant la télévision, le téléphone fixe, avec cette possibilité de connexion gratuite partout via les bornes internet, dans les lieux publics, dans les transports, en Algérie l'installation d'une ligne internet relève du parcours du combattant. Voire souvent de l'impossible. Réseau saturé, répond-on. Ceci pour ne rien dire de la qualité de la connexion, du débit et par-dessus tout de cette hantise qui habite les abonnés internet de voir le témoin vert de leur modem non allumé, signe d'une panne qui peut causer une immobilisation de plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Et comme les pannes sont fréquentes...C'est aussi cela la réalité d'internet en Algérie.  

El Watan

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