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le pouvoir est pourri depuis l’éviction de Benyoucef Ben Khedda en 1962

Après la présidence d'Ahmed Bencherif, qui avait, dans les années 1990, proposé de créer une mer dans le sud de l'Algérie, Mohamed-Chérif Taleb tente de crédibiliser le parti par un discours moins farfelu. -Quelle est votre analyse de la situation politique actuelle ? La situation politique est empreinte d'un flou total, pour ne pas dire d'opacité. Aujourd'hui, la scène politique algérienne se divise en trois camps : il y a les partis qui se suffisent de flatteries envers le chef de l'Etat, les absents et enfin, ceux qui ont des convictions réelles, et qui en font état chaque fois que les médias veulent bien les solliciter pour qu'ils donnent leur avis. -Et votre parti, le PNSD, vous le rangez dans quel camp ? Le PNSD était à l'origine de la création de ce qu'on appelle aujourd'hui le Pôle Nationaliste Novembriste. Notre formation politique a des convictions et ne veut pas tomber dans les jeux politiciens en cours. Le PNSD est aussi une force de proposition. Nous n'avons pas vocation à prendre le pouvoir, même si nous sommes un parti politique. Nous voulons éclairer les gouvernants.   -Le président Bouteflika est-il toujours un Président en exercice ? Juridiquement, Abdelaziz Bouteflika est toujours Président. Malheureusement son état physique actuel et sa santé laissent supposer qu'il ne dispose plus de toutes ses capacités pour gouverner et qu'il est l'otage d'une caste de flagorneurs et de personnes qui, à travers leurs propos et leur soutien, font tout pour le maintenir à son poste. -Que pensez-vous des partis politiques qui ont réclamé l'application de l'article 88 de la Constitution ? Tant qu'il n'y a pas de certificats médicaux attestant de son incapacité physique, réelle et totale, il me semble qu'invoquer l'article 88 peut être préjudiciable à la cohésion sociale et à la stabilité du pays, compte tenu de ce qui se passe à nos frontières. Par ailleurs, au PNSD, nous sommes favorables à ce que les affaires de l'Etat soient gérées par les institutions, comme c'est le cas actuellement depuis la nomination de Abdelmalek Sellal comme Premier ministre. Je voudrais revenir sur le communiqué de la Présidence, publié à la suite du dernier Conseil des ministres, qui laisse entendre qu'une préparation de la révision constitutionnelle est en cours afin de permettre une pérennisation du système. Je tiens à rappeler qu'au PNSD, nous ne sommes pas favorables à cette option et nous avions déjà dénoncé ce système totalement pourri. Il est pourri non pas depuis l'arrivée au pouvoir de Bouteflika, mais depuis l'éviction du président du gouvernement provisoire, Benyoucef Ben Khedda en 1962. A l'époque, des Algériens avaient hurlé leur ras-le-bol en scandant «7 ans ça suffit !», aujourd'hui nous disons : «51 ans, ça suffit !». Nous espérons voir l'instauration, en avril 2014, d'un Etat de droit et l'avènement d'une véritable justice. -Vous vous dites satisfait du travail accompli par Abdelmalek Sellal, pensez-vous qu'il ferait un bon candidat à la Présidentielle ? Il me semble que le Premier ministre est loin d'être un homme politique au sens premier du terme. C'est un bon énarque qui tente depuis son arrivée à la tête du gouvernement de redonner un peu d'espoir aux Algériens. Nous estimons que Mouloud Hamrouche, Ahmed Benbitour, Ali Benflis ont plus d'expérience politique. En réalité, le candidat idéal doit allier le patriotisme politique de Lamine Zeroual et l'intelligence politique de Abdelaziz Bouteflika. -Un groupe composé de 16 partis se dit hostile à la révision de la Constitution. Pourquoi le PNSD ne s'est-il pas associé à cette initiative ? Ce sont des partis que je respecte beaucoup, mais avec qui je ne partage pas certaines positions. Ils demandent à ce que la réforme constitutionnelle soit votée après la présidentielle. Il me semble qu'il est préférable d'attendre les propositions faites par la commission chargée de la révision de la Constitution avant de se prononcer. -Vous croyez à l'ouverture du jeu politique ?… Il y a eu tentative de verrouillage de la scène politique. Aujourd'hui, les formations politiques sont tolérées par un pouvoir en place qui les utilise pour donner l'image d'une ouverture du champ politique. Mais lorsque sa pérennité est en jeu, le pouvoir revient à ses vieux réflexes et verrouille tout. Nous ne sommes pas dans un Etat de droit, ni dans une véritable démocratie. Si aujourd'hui nous acceptons ces règles du jeu, c'est parce que nous sommes convaincus qu'il y a des avancées politiques inéluctables. -Les recettes des hydrocarbures ont baissé pour la première fois depuis dix ans et la facture des importations continue d'augmenter. L'Algérie peut-elle continuer à vivre au-dessus de ses moyens ? Nous ne sommes pas inquiets. Avec les extraordinaires ressources que nous pouvons espérer de l'exploitation du gaz de schiste, l'Algérie pourra, dans les dix prochaines années, compter sur d'autres sources de revenus. Reste qu'effectivement, aujourd'hui, nous assistons à une explosion des importations dont le pouvoir se sert pour acheter la paix sociale. Cette politique peut remettre en cause la souveraineté de ce pays. Cet argent devrait être consacré aux producteurs de biens et de richesses. -Vous militez pour que «les jeunes aient plus de responsabilités» et en faveur des «investissements créateurs d'emploi». Au fond, vous avez les mêmes revendications que les autres partis.… A la différence des autres partis politiques, le PNSD avait, dès sa création en 1989, formulé ces revendications. Je rappelle qu'à la différence des partis politiques dogmatiques, à connotation idéologique, nous avons toujours privilégié le pragmatisme. Nous avions été les seuls à proposer une «troisième voie» en matière économique, comme celle qui avait été mise en pratique par Tony Blair en Grande-Bretagne et Gerhard Schröder en Allemagne. Cette troisième voie correspond à un capitalisme soft qui assure la prise d'initiative individuelle tout en maintenant l'Etat dans son rôle  de régulateur. -Si les élections ont lieu en 2014, le PNSD présentera-t-il un candidat. Vous, par exemple ?   Cela dépendra des décisions prises lors du congrès qui aura lieu  fin décembre ou début janvier. Cela dépendra également des candidats qui se présenteront. Si je juge que parmi ces candidats, il y a des hommes d'Etat capables de relancer le pays, le PNSD ne présentera pas de prétendant. Dans le cas contraire, je me porterai candidat. -Vous demandez à ce que la scène politique soit composée de partis politiques «forts et capables de participer à la démocratie». Quels sont les partis qui ne répondent pas à ce critère ? Je ne veux pas porter de jugement sur les autres partis. En Algérie, il existe une soixantaine de partis politiques dominés par ceux qui peuvent profiter des moyens du Trésor public, et les autres, obligés de se débrouiller avec le peu de moyens dont ils disposent. Au PNSD, nous avons une autre idée de la politique et nous ½uvrons pour l'intérêt collectif.

El Watan

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