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Walis : y a-t-il un pilote dans ma wilaya ?

«Constantine, capitale arabe» compromis ? Deux semaines après le départ de Nouredine Bedoui, ex-wali de Constantine, vers son nouveau poste de ministre de la Formation professionnelle, ça patine dans la wilaya. Officiellement, c'est Aziz Benyoucef, secrétaire général de la wilaya, qui assure l'intérim ; mais il ne profite pas de toutes les prérogatives de la fonction et n'a pas tous les pouvoirs pour prendre des décisions importantes. Le «wait and see» qui règne actuellement pénalise surtout les futurs bénéficiaires de logements sociaux qui attendent depuis des mois la «libération» de leur liste. Une décision que seul le wali peut prendre. Il en est de même pour des milliers de souscripteurs de la fameuse formule du LPA qui ne savent rien de ce qu'il est advenu de leurs dossiers puisque les chantiers prévus ne sont toujours pas lancés, suite aux réticences des promoteurs pour différents motifs. A ce niveau, personne ne peut décider, à part le wali, sachant que c'est le responsable partant qui avait lancé ce programme à Constantine. Le blocage semble toucher aussi l'opération d'éradication des bidonvilles dans les cités populaires de Constantine, entamée tambour battant il y a une année, et qui doit se poursuivre jusqu'à 2014, mais dont on ne parle plus ces jours-ci. Pourtant, tout avait été préparé avec la pré-affectation des logements aux concernés qui commencent à s'inquiéter sérieusement. Même si les projets structurants, qui relèvent du programme présidentiel, semblent avancer conformément aux délais annoncés, à l'image du TransRhumel et du tronçon de l'autoroute Est-Ouest, un grand point d'interrogation se pose autour de l'évènement «Constantine capitale de la culture arabe 2015», que la ville est censée accueillir dans 18 mois, alors que les chantiers annoncés pour ce mois de septembre sont encore en hibernation. Ceci sans parler du financement qui tarde à arriver à cause du report de la loi de finances complémentaire 2013 et l'entrée en application de la loi de finances 2014 qui mettra encore des mois. Au rythme où vont les choses, on craint déjà que ces projets soient bâclés. L'expérience de Tlemcen est encore dans les mémoires. Service minimum à Annaba Après une gestion catastrophique de la wilaya et par conséquent la «promotion» de Mohamed El Ghazi, son ex-wali, Annaba a entamé sa descente aux enfers. Depuis le remaniement ministériel, elle est gérée au service minimum par le secrétaire général qui assure l'intérim. Cependant, une autre gestion parallèle continue à la faveur d'un pouvoir plénipotentiaire dont dispose le chef du protocole. Ce pouvoir extraordinaire, que lui a légué l'ancien wali, lui a procuré le titre d'«homme fort de la wilaya». Selon plusieurs investisseurs locaux : «Prétendre à un projet d'investissement dans le cadre du Calpiref doit avoir au préalable l'aval du chef du protocole. Résultat : ce dispositif n'a jusqu'à présent rien apporté de plus au développement local.» Parallèlement, les grands chantiers structurants souffrent toujours. A commencer par les travaux de la nouvelle aérogare Rabah Bitat lancés en 2009 par l'entreprise égyptienne Arab Contractor. Le projet devait être livré en 2011, puis en 2012, puis en 2013. A la veille de 2014, cette infrastructure est toujours en chantier. Un autre, dans le même secteur, connaît aussi un important retard : la nouvelle gare routière, à la sortie ouest de Annaba. Devenu utopique par la force des promesses non tenues, le projet du tramway patauge encore au stade de son tracé. La réalisation d'un port de plaisance dans la commune de Chetaïbi figure dans le menu des rêves des Annabis au même titre que le tunnel qui ferait le trait d'union entre les cités Pont-Blanc et Beni M'haffeur. En résumé, il y a de quoi être pessimiste si l'on se fie à la cadence des travaux d'un ouvrage d'art qui relierait les cités Seybouse et Sidi Brahim, dont la réception est prévue en 2014. Quant au foncier, il est victime d'une prédation générale. Elus pour défendre les intérêts de leurs électeurs, des élus locaux MPA et FLN ont profité de cette anarchie pour décrocher des projets Calpiref au profit de leurs proches en contrepartie de leur silence et d'une allégeance démesurée. Oran ne veut pas d'un wali en fin de carrière «Nous souhaitons que le futur wali d'Oran soit aussi motivé ou mieux que l'ancien (promu ministre de la Santé, ndlr), quelqu'un qui ne serait pas en fin de carrière et qui aurait des capacités de gestion à montrer car pour nous, le développement économique de la wilaya est essentiel», indique M. Ferhat président de la chambre de l'artisanat et des métiers d'Oran. «Evidemment, les projets initiés localement sont des projets d'Etat et ils sont appelés à être concrétisés d'une manière ou d'une autre. Ceci est valable quel que soit l'état d'avancement des travaux, 1% ou 70%, peu importe, l'essentiel est d'être au service du citoyen», ajoute-t-il en donnant l'exemple des dernières trémies qui sont en train d'être réalisées pour désengorger les flux automobiles et qui ont accusé quelques mois de retard, mais dont les travaux avancent. Avec une bonne dose de communication autour de lui, l'ancien wali d'Oran passe pour avoir impulsé une dynamique dans le travail et il n'est pas le seul, car dans le passé, la mémoire collective garde aussi en souvenir un ancien wali du début des années 80 à qui on doit le pont Zabana, un ouvrage qui a anticipé les problèmes de circulation qui allaient se manifester des années plus tard. Facilitations dans les attributions de terrains (poches foncières), règlement des problèmes administratifs, viabilisation des sites à construire et suivi des projets sont autant de points positifs que trouvent plusieurs promoteurs immobiliers, parmi les plus sérieux à l'ancien chef de l'exécutif. Invité dans les forums, celui-ci s'est à maintes reprises  exprimé sur sa volonté de rester «le meilleur élève, comme [il] l'a été durant ses études» et donc de montrer un certain zèle à vouloir concrétiser coûte que coûte la vision choisie pour Oran et qu'il a dénommée «programme de métropolisation d'Oran». Le logement et les décisions de pré-affectation, la réhabilitation du vieux bâti et même l'hygiène et la salubrité publique. Pour ce dernier point, on peut dire que la situation s'est améliorée. «C'est comme si vous lancez un projectile. Si vous n'impulsez pas des accélérations, il finira par retomber au niveau de départ», explique un promoteur privé sur un terrain privé et qui n'a aucun lien avec les marchés publics mais dont le projet est quand même suivi par la wilaya pour qu'il termine dans les délais. Après tout, l'histoire de projets qui ont traîné pendant plus de 20 ans était une réalité. Ils ont fini par être concrétisés, mais à quel prix ? La wilaya de Tlemcen gérée à distance Depuis le dernier remaniement ministériel partiel et la promotion du wali Nouri Abdelwahab au poste de ministre de l'Agriculture, la wilaya de Tlemcen est sans chef de l'exécutif. En attendant la désignation d'un nouveau commis de l'Etat dans cette région que les pouvoirs publics ont longtemps mis ostensiblement sous les projecteurs (festivals, congrès, séminaires internationaux...), l'heure est aux supputations et autres conjectures. Chacun avance le nom du nouveau wali, appuyant son information par des sources anonymes. Cependant, la réalité est  que, près d'un mois après le départ de celui qui avait qualifié Tlemcen, à son installation en 2004, de «capitale poubelle» et de «ville de palais» à son départ, est gérée actuellement à distance... par Nouria Zerhouni, wali de Aïn Témouchent. Une gérance protocolaire, sommes-nous tentés de dire, puisqu'aucune décision officielle concernant les choses sérieuses de la wilaya ne peut être prise par la «remplaçante». Une situation ubuesque qui met Tlemcen en situation de stand-by. Un prétexte pour les vingt chefs de daïra et les cinquante-trois maires pour se complaire dans leur apathie. Pis, Tlemcen, qui était gouvernée par le gourdin - ce qui ne signifiait guère que toutes les communes bénéficiaient équitablement d'un programme de développement local - est aujourd'hui administrativement une région en vacances. Une débandade sans pareille règne dans cette wilaya : logements terminés depuis sept ans non encore attribués, crise inextricable du carburant, projets à l'arrêt et des responsables à tous les niveaux en «congé payé». Justifiée, cette déliquescence ? «Seul le wali détient les prérogatives pour cela», réagissent les autorités locales lorsqu'elles sont interpellées sur un problème banal, comme le creusage d'un puits en zone rurale ou l'octroi d'une autorisation pour l'ouverture d'une salle des fêtes, par exemple... En attendant le «messie» que daignera envoyer le chef de l'Etat dans sa région, Tlemcen continuera d'abriter avec forte générosité des événements à gros budgets, comme le Festival international de la miniature et de l'enluminure (ignoré par  le public) où pas moins de 200 invités de 27 pays apprécient «l'hospitalité algérienne» dans les hôtels Renaissance (Marriot) et Les Zianides...  

El Watan

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