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Tunisie: un journaliste et un manifestant agressés par des policiers

Un journaliste de la radio Mosaïque FM et un militant de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH) ont été violemment agressés par des policiers en marge d'une manifestation d'opposition mercredi après-midi à Tunis, selon ces organisations.

Le militant de la LTDH, Lassaad Jamoussi "a été violemment agressé place de la Kasbah (siège du gouvernement, ndlr) par un policier alors qu'il intervenait pour défendre un jeune sauvagement agressé par des policiers".

La LTDH ne précise pas la nature des blessures de son militant, indiquant qu'il avait dû se "rendre aux urgences de l'hôpital Charles Nicole" de Tunis pour y recevoir des soins.

Lors de cette même manifestation le "journaliste Habib Wadhen (...) a été agressé physiquement par les forces de l'ordre et empêché de filmer une scène d'agression d'un manifestant", indique pour sa part la Radio Mosaïque FM, employeur du reporter.

Dans une courte vidéo mise en ligne sur le site de la radio, des policiers masqués encerclent une personne au sol (http://www.mosaiquefm.net/fr/index/a/ActuDetail/Element/26651-agression-de-notre-journaliste-par-des-policiers). 

La manifestation était organisée par l'opposition pour réclamer que les autorités révèlent la vérité sur les assassinats des opposants Chokri Belaïd en février et Mohamed Brahmi fin juillet, attribués à la mouvance salafiste.

Les proches de ces opposants accusent régulièrement des représentants d'Ennahda, parti islamiste qui domine le gouvernement, de complicité dans ces crimes.

La Tunisie est plongée dans une crise politique profonde depuis la mort de Brahmi, l'opposition réclamant la démission sans condition du cabinet gouvernemental. Ennahda considère pour sa part que le gouvernement ne peut quitter ses fonctions que si un compromis est trouvé sur l'ensemble des sujets de discorde entre les deux camps, en particulier l'adoption de la Constitution.

Vingt-trois mois après l'élection d'une Assemblée nationale constituante et plus de deux ans et demi après la révolution de janvier 2011, la Tunisie n'a ni loi fondamentale, ni institutions stables, ni calendrier électoral.

AFP

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