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un Conseil des ministres en neuf mois, deux futurs scrutins dans six mois

Notre ambition est grande, mais elle est à la mesure de l'Algérie et des aspirations de ses enfants.» Même servie avec une rhétorique généreusement patriotarde, la petite phrase «prononcée» dimanche passé, lors du Conseil des ministres, ne vaut pas moins son pesant de reliquat de mandat, témoignant de cette inconsumable passion et de ce gargantuesque appétit pour la «chose» du pouvoir. Amoindri et affaibli par la maladie et le poids des ans - 76, dont près de la moitié passée au c½ur du réacteur - le président Bouteflika n'est pas près de renoncer à ses ambitions démesurées. Exit le lourd acharnement politico-thérapeutique pour tenir à flot une Présidence chancelante, le cap est maintenu sur la révision de la Loi fondamentale (probablement en ce mois d'octobre) et l'élection présidentielle (avril 2014), étapes incontournables dans le processus de la reproduction in vitro du «système». «Le gouvernement, ordonnera le président Bouteflika, doit prendre d'ores et déjà toutes les mesures et dispositions nécessaires afin de permettre (au) pays d'aborder, dans les meilleures conditions, les prochaines échéances politiques.» Ordonnance surréaliste ! Les deux échéances électorales, lourdes et herculéennes, sont impossibles à honorer pour un Président quasi grabataire, incapable de réunir un Conseil des ministres neuf mois durant. Palais El Mouradia. Dimanche 29 septembre. 24 heures avant l'expiration du délai fixé par la loi pour l'adoption (par le Conseil des ministres) du projet de loi de finances 2014. Sauvetage in extremis. «C'était ce Conseil des ministres ou l'article 88 de la Constitution», commentait un haut dignitaire du FLN. «Il fallait sauver les formes, éviter le blocage des institutions. Bouteflika n'avait pas d'autre choix que de jouer le jeu. C'était ça ou l'article 88», ajoute-t-il. D'où l'atmosphère invraisemblable que dégageait ce dernier Conseil des ministres : un théâtre de marionnettes étrange et cérémonieux où pantins montés sur fil de fer et marionnettistes professionnels récitaient chacun sa tirade. L'air hagard, le regard placide, les yeux figés, oscillant entre lucidité et trouble de type Parkinson, le «raïs» s'est donné en spectacle affligeant, faisant de suite oublier «ses» décisions hardies de la veille et les restructurations osées au sein de l'armée, des services de renseignement et de la police politique qui lui sont allègrement attribuées. Quid du 4e mandat ? Partisans et courtisans du Palais y croient, feignent d'y croire. Des litanies pour «saint raïs» récitées en ch½ur et avec une tendre piété. Pour Abdelmadjid Sidi Saïd, patron de l'UGTA, «le président Bouteflika a bénéficié, bénéficie et bénéficiera de toute la solidarité de l'UGTA». «Si nous n'apportons pas notre soutien à Laâziz (le cher), les générations futures ne nous le pardonneront jamais», dixit Amar Ghoul, ministre, président de Tajamou Amal Jazaïr (TAJ). «Nous sommes avec Bouteflika corps et âme», déclarait-il sa flamme, samedi dernier, à la Foire d'Alger. Amar Saadani, Abdelkader Bensalah, Amara Benyounès, respectivement SG du FLN, SG par intérim du RND et patron du MPA... autres ardents soutiens et «inconditionnels» d'un pourtant très hypothétique quatrième mandat présidentiel, forment les bataillons. «Ce débat sur le quatrième mandat est complètement stérile. Il devient une obsession pour certains spéculateurs», jugeait, avant-hier, l'ex-sibylle du président Bouteflika et secrétaire général du Parti des travailleurs, Mme Louisa Hanoune. De son côté, le sénateur du tiers présidentiel, Djamel Ould Abbès, dit ne pas croire au scénario d'un prolongement du mandat présidentiel. Un temps additionnel de deux années évoqué par nombre d'acteurs politiques. «Les gens qui parlent de cette possibilité ont tort», estime l'ancien ministre. «C'est du bricolage. Et on ne joue pas avec le destin d'une nation», concluait la voix de la sagesse. Multiplier les signaux contradictoires, souffler le chaud et le froid, entretenir le vrai faux suspense, pousser la République dans ses derniers retranchements, la précipiter dans le vide... les errements et caprices du régime Bouteflika mettent résolument à rude épreuve les nerfs des Algériens, de l'Algérie entière.   

El Watan

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