mis à jour le

Indexation: Boulif, le libéral, l’optimiste, le satisfait

L’indexation partielle des prix des produits pétroliers liquides s’inscrit dans le cadre d’une réforme “globale” et “graduelle” de la Caisse de compensation, qui a absorbé au cours des 10 dernières années 274 milliards de dirhams, a affirmé mardi le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Mohamed Najib Boulif.

M. Boulif, qui était l’invité du Forum de la MAP, tenu sous le thème “Quel impact de l’indexation sur la compétitivité et sur la paix sociale ?”, a souligné que l’objectif de l’indexation, qui est une décision “souveraine”, est de limiter l’impact des fluctuations des cours internationaux sur le budget, et plus particulièrement sur la rubrique Investissements.

Cette mesure a un triple objectif, a-t-il expliqué, à savoir le maintien des indicateurs macroéconomiques à un certain niveau, la préservation de la compétitivité des entreprises nationales et la protection du pouvoir d’achat des citoyens.

Le ministre délégué a insisté sur le fait que la protection du pouvoir d’achat des citoyens a été un souci majeur pour le gouvernement, qui a adopté des mesures d’accompagnement relatives notamment à la subvention au transport urbain (taxis et bus de transport en commun..) dans l’objectif de juguler l’impact de l’indexation des produits pétroliers liquides sur les catégories les plus démunies.

Pour ce qui est de la compétitivité du secteur industriel, l’objectif du gouvernement est de tendre vers une vérité des prix, a indiqué le ministre, estimant qu’on ne peut parler de compétitivité pour une entreprise qui bénéficie de la subvention de l’Etat.

Et de souligner que “nous discutons actuellement avec les industriels sur une éventuelle formule d’une subvention optimale” pour l’industrie nationale en vue de développer une compétitivité “réelle” des entreprises nationales.

Cette décision d’indexation fait l’objet d’une “unanimité nationale”, selon le ministre, qui a minimisé ses effets éventuels sur la paix sociale.

M. Boulif a tenu également à souligner que la décision a été prise en conseil de gouvernement, relevant que certains membres ont fait des remarques  relatives à la mise en application et le timing de cette mesure.

Par ailleurs, le Maroc a pu, malgré un contexte économique difficile, continuer sur sa voie de développement et préserver un niveau “soutenable” de ses équilibres macroéconomiques, du pouvoir d’achat des citoyens et de la compétitivité des entreprises marocaines, a assuré mardi le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Mohamed Najib Boulif.

“Tous les indicateurs économiques se sont améliorés à fin septembre 2013 par rapport à fin 2012, dont la majorité sont positifs”, s’est réjoui M. Boulif.

Le Maroc a connu des évolutions économiques, sociales et politiques au cours des deux dernières années qui ont eu un impact “important” sur sa notoriété au niveau des institutions internationales de financement, où il est devenu “un modèle” à suivre pour avoir réussi une transition pacifique, a-t-il indiqué avec un ton confiant.

Rappelant les prévisions du taux de croissance mondiale qui devrait se situer autour de 3% en 2013, avec une décélération de celui de l’Union européenne à -0,5%, M. Boulif a affirmé, avec fermeté, que le Maroc compte dépasser les 4,5% de croissance cette année pour atteindre 4,8%.

Ces résultats positifs devraient, à en croire le ministre, animer la volonté de gouvernement à adopter des mesures économiques en faveur de la poursuite de cette tendance, dont celle de la réforme de la caisse de compensation

Dans ce contexte, M. Boulif a fait savoir que les recettes touristiques ont augmenté de 2,7% au deuxième trimestre 2013, alors que les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont progressé de 1%.

Pour ce qui est du taux d’inflation prévu en 2013, il restera au-dessous de 2,3%, a rassuré M. Boulif, notant que l’encours des réserves internationales nettes s’est accru de 4,3% durant les huit premiers mois de 2013, à 150,2 milliards de dirhams (MMDH), soit l’équivalent de 4 mois et 4 jours d’importations de biens et services. Le déficit commercial n’est pas en reste, il s’est réduit de 3,1% à fin août 2013, en glissement annuel, a ajouté le ministre, relevant que les flux des investissements directs étrangers se sont également inscrits en hausse de plus de 29% au 1er semestre 2013.

Ces résultats interviennent dans un contexte difficile marqué par une baisse de 2,8 MMDH des recettes fiscales, due notamment à la régression des impôts sur les sociétés, a relevé le ministre.

“Malgré cette situation, le pouvoir d’achat des consommateurs a augmenté d’une manière significative, sur fond de la hausse de 2,8 MMDH de la masse salariale”, a-t-il poursuivi.

Dans ce sillage, le ministre a fait savoir que l’indexation partielle des prix des produits pétroliers liquides, décidée par le gouvernement, vise à préserver un niveau “raisonnable et prédéterminé” des équilibres macroéconomiques du Royaume.

Progressivement, le Maroc ne serait plus “dépendant” des fluctuations des prix internationaux de pétrole, a martelé M. Boulif, relevant que l’indexation vise notamment à éviter tout gel dans les dépenses d’investissement public.

M. Boulif a toutefois averti que le secteur des phosphates devrait faire baisser de 8 à 10 MMDH la balance commerciale à fin 2013, à cause de la régression de ses exportations due à la conjoncture internationale difficile”, relevant que cette dégradation, qui n’avait pas été prévue auparavant, aura des effets sur l’économie nationale.

Il a, par ailleurs, fait savoir que le Fonds Monétaire International (FMI) est prédisposé à augmenter ses financements accordés au Maroc de 700 millions de dollars à 1 milliard de dollars, alors que la Banque islamique de développement a décidé d’organiser une conférence au Maroc pour faire valoir les opportunités d’investissement au Royaume.

LNT
Crédits MAP

La Nouvelle Tribune

Ses derniers articles: Maroc : Alerte de pluies et averses importantes dans plusieurs villes  Obsèques  La terre a tremblé