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Tunisie: la Banque centrale impute les maux économiques aux politiques

L'incapacité de la classe politique à stabiliser la Tunisie entrave la relance de l'économie, a jugé mardi le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) Chedly Ayari en déplorant devant les députés l'absence de toute visibilité politique et budgétaire.

"Les entraves politiques commencent à avoir des répercussions importantes sur l'économie et l'absence d'une vision politique constitue le problème essentiel de l'économie tunisienne", a-t-il dit à la tribune de l'Assemblée nationale constituante (ANC).

Selon M. Ayari, les investisseurs étrangers qui souhaitaient investir en Tunisie "commencent à poser des questions sur la situation politique. Leur problème n'est pas d'ordre économique mais plutôt politique", a-t-il ajouté.

"Nos performances économiques seront insuffisantes tant que la situation politique restera instable", a souligné M. Ayari.

Le gouverneur de la BCT a aussi jugé qu'il sera "difficile et presque impossible d'atteindre un taux de croissance de 3,5% pour 2013", alors que le gouvernement, après avoir revu deux fois ses prévisions à la baisse, table encore sur 3,6%. 

"Pour la première fois depuis l'indépendance, nous n'avons pas de vision budgétaire sur cinq ans", a aussi déploré M. Ayari, alors que le déficit budgétaire a déjà atteint 7,4% du PIB cette année selon le ministère des Finances.

La vie politique et institutionnelle est paralysée depuis l'assassinat fin juillet du député Mohamed Brahmi par un bras de fer entre partisans des islamistes d'Ennahda, qui dirigent le gouvernement, et l'opposition.

Par ailleurs, vingt-trois mois après l'élection de l'ANC et deux ans et demi après la révolution de janvier 2011, la Tunisie n'a ni Constitution, ni institutions stables, ni calendrier électoral.

Selon les statistiques officielles, le pays a connu une croissance de 3% au premier semestre, une inflation de plus de 6%, tandis que le dinar tunisien perdait environ 10% de sa valeur face à l'euro.

Les problèmes économiques et sociaux étaient au c½ur des causes de la révolution de janvier 2011.

AFP

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