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Soudan: le gouvernement dénonce une propagande des opposants

Le gouvernement soudanais a accusé lundi ses opposants de publier de fausses photos de victimes de la répression des manifestations, qui a déjà fait au moins 34 morts et suscité des critiques jusqu'au sein du régime.

Une levée des subventions le 23 septembre a provoqué une augmentation de plus de 60% du prix des carburants, suscitant la colère à travers le pays, qui n'avait connu pareil mouvement de protestations depuis l'arrivée au pouvoir du président Omar el-Béchir en 1989.

Contournant la censure dont se plaignent les journalistes, de nombreuses photos et vidéos affirmant montrer des victimes de la répression ont circulé sur des réseaux sociaux comme YouTube et Facebook.

"La plupart des photos diffusées sur les médias sociaux viennent d'Egypte", a assuré Ibrahim Mahmoud Hamed, le ministre de l'Intérieur soudanais, lors d'une conférence de presse.

Les connexions Internet ont été coupées à plusieurs reprises la semaine dernière, sans que la cause en soit connue. Des journalistes étrangers ont également vu leurs téléphones s'éteindre sans explication.

Revenant sur les violences de la semaine dernière, M. Hamed a dénoncé des attaques "criminelles" contre la police et des stations-services. "Nous savons que des organisations étrangères soutiennent ces activités criminelles", a-t-il affirmé.

"Ils utilisent la même tactique que les rebelles au Darfur", région de l'ouest du pays où les violences font rage depuis 2003, a poursuivi le ministre.

Au moins 34 personnes, selon des sources policières et médicales, ont péri lors de manifestations qui ont parfois pris une tournure violente avec des attaques contre des biens publics et privés.

Des organisations de défense des droits de l'Homme ont pour leur part évoqué un bilan de plus de 50 morts pour les seules journées des 24 et 25 septembre, tandis qu'un diplomate étranger a expliqué à l'AFP que ce bilan pouvait "s'approcher des 200" morts.

Le gouverneur de la province de Khartoum, Abdel Rahman Al-Khidir a déclaré au cours de la conférence de presse que la police n'avait ouvert le feu que pour défendre ses positions.

Multiplication des critiques

"Le fait que tant de personnes aient été tuées montre le degré de violence utilisé", a affirmé sous le couvert de l'anonymat un cadre du Parti du congrès national (PCN), la formation du président Omar el-Béchir.

"Je pense qu'il n'était pas nécessaire de réprimer les manifestants pacifiques. La manifestation pacifique est un droit constitutionnel", a-t-il ajouté.

Samedi soir, 31 cadres réformateurs du PCN avaient déjà adressé un courrier à M. Béchir pour s'opposer à la baisse des subventions comme à la répression, accusant le régime de trahir ses fondements islamiques.

Des dignitaires islamistes ont de leur côté appelé dans un communiqué le pouvoir à "se tourner à nouveau vers Dieu et être juste envers le peuple", et demandé aux policiers "de cesser de tuer leurs frères musulmans".

Lundi, des étudiantes qui manifestaient à l'université Afhad d'Omduram, la ville jumelle de Khartoum, ont été visées par les gaz lacrymogènes tirés par la police depuis l'extérieur du campus. Personne n'a été blessé, a assuré le président de l'université. 

Dimanche à Port Soudan, à un millier de kilomètres au nord-est de Khartoum, la police a dispersé à coups de gaz lacrymogènes près de 400 manifestants, principalement des étudiants. Un homme âgé a été grièvement blessé après avoir été écrasé par un véhicule des forces de l'ordre, ont affirmé des témoins.

Un témoin a également affirmé à l'AFP avoir vu lundi des policiers en civil à bord d'un pick-up rouler sur un manifestant dans la région de Khartoum. Un policier a ensuite ouvert le feu, blessant un manifestant, avant de s'en aller. 

Le gouvernement, qui a fermé les écoles jusqu'au 20 octobre, ne montre aucun signe de recul. Le ministre de l'Information Ahmed Bilal Osmane a assuré dimanche à l'AFP qu'il n'était "pas possible du tout" de revenir sur la levée des subventions. 

Le Soudan, qui a perdu des milliards de dollars de revenus pétroliers depuis la sécession du Soudan du Sud en 2011, est frappé par une inflation galopante et peine à financer ses importations.

AFP

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