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« Délivre-nous de l’unanimisme…Délivre-nous de l’épreuve et de la folie, et de cet hymne grandiose, des gardes à vous et des marches militaires. «  Ces mots résonnent dans la tête de l’écrivain Mahmoud Ezzat. Auteur d’un poème intitulé « prière de la peur », ce jeune Égyptien exprime l’errance et la crainte ressentis par ceux qui ont crû et participé à la révolution du 25 janvier 2011 et à toutes celles qui ont suivi. Comme le narrateur sous assistance respiratoire, l'Égypte révolutionnaire manque d’oxygène.

Narré par Salma Said, activiste membre du média citoyen Mosireen, ce bout de prière parle d’une Égypte divisée et coincée dans les lacets d’une transition sanglante et terrifiante. Une Égypte qui a applaudi la mort d’hommes et de femmes dont le seul crime était de soutenir les Frères musulmans. Une Égypte qui n’admet aucune critique de ses soldats en guerre contre les islamistes dans le Sinaï. Un pays où quiconque refuse d’acclamer l’armée, devient « un traitre, un dissident, pas à sa place. »

La semaine dernière, dans le gouvernorat de Kafr Al -Cheikh, un jeune écolier de 14 ans a été arrêté car il a manifesté son hostilité aux militaires. Yehia Afify est le fils de Mustafa Afify , un leader des Frères Musulmans dans cette localité.  Le gamin aurait confié à la chaîne al-Jazeera sa volonté d’organiser dans la cour d’école une manifestation contre le général al-Sisi, ministre de la Défense et homme fort du coup d'Etat contre le président Mohamed Morsi en juillet dernier. Plusieurs organisations, dont le mouvement du 6 avril dénonce une arrestation arbitraire et réclame sa libération.

Nadéra Bouazza