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Soudan: la police tire du gaz lacrymogène contre des manifestantes

La police soudanaise a tiré du gaz lacrymogène contre des manifestantes qui protestaient contre la hausse des prix des carburants à l'université pour femmes Ahfad lundi, a annoncé son président, au huitième jour de contestation dans le pays.

De 150 à 200 personnes manifestaient "contre le gouvernement et des choses comme ça", a dit Gassim Badri qui dirige l'établissement situé à Omduram, ville jumelle de Khartoum,  à l'AFP. 

La police n'a pas pénétré sur le campus de l'université, mais à tiré du gaz lacrymogène depuis l'extérieur, a-t-il ajouté, et personne n'a été blessé.

Depuis le 23 septembre, les protestations se multiplient au Soudan pour protester contre la décision du gouvernement de supprimer les subventions sur les carburants, qui s'est traduite par une augmentation de plus de 60% des prix de l'essence et du diesel.

Selon les autorités, 33 personnes sont mortes dans les manifestations. Des militants et des Organisations des droits de l'Homme affirment qu'au moins 50 personnes ont été abattues, en majorité dans la région de Khartoum.

Il est difficile de connaître le bilan exact, "qui pourrait être de 200", a indiqué un diplomate étranger à l'AFP.

Dimanche soir, un millier de personnes ont défilé dans les rues de Khartoum en réclamant la chute du gouvernement, après avoir salué la mémoire des personnes tuées depuis le début de la contestation, ont affirmé des témoins.

Le rassemblement a démarré dans le quartier aisé de Mansheeya, d'où était originaire Salah Mudathir, un pharmacien de 28 ans tué dans une manifestation vendredi. "Liberté! Liberté!" et "Combien de Salah pour une prise de conscience", ont scandé les manifestants. 

Ces violences meurtrières contre des manifestants pacifiques ne sont "pas nécessaires", a estimé lundi un haut responsable du parti présidentiel soudanais.

"Le fait que tant de personnes aient été tuées montre le degré de violence utilisé", a affirmé sous le couvert de l'anonymat ce cadre du Parti du congrès national (PCN), la formation du président Omar el-Béchir. 

"Je pense qu'il n'était pas nécessaire de réprimer les manifestants pacifiques. La manifestation pacifique est un droit constitutionnel", a-t-il ajouté.

Pour ce responsable du PCN, le dialogue est préférable à la confrontation armée "pour éviter de subir le sort de l'ancien gouvernement égyptien de (Mohamed) Morsi ou même de (Hosni) Moubarak", les deux derniers présidents égyptiens chassés du pouvoir après des mouvements populaires.

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