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Congo: au moins 10 morts dans des affrontements entre milices dans l'Est

Dix personnes au moins ont été tuées par des combats ayant opposé en fin de semaine des milices dans le territoire de Masisi, dans l'Est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris lundi de source officielle et auprès de la société civile.

"Il y a eu des affrontements entre l'APCLS (Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain) et les éléments de Sheka vendredi et samedi à Kalembe (...)", a indiqué à l'AFP John Banyene, président de la société civile à Masisi, chef lieu de ce territoire de la province riche et instable du Nord-Kivu (Est).

Ces combats se sont déroulés "sur l'axe Mweso-Pinga", à environ 90 km au nord-ouest de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, a précisé ce responsable associatif.

Confirmant ces combats, l'administrateur du territoire de Masisi, Dieudonné Tshiishiku, a indiqué que l'hôpital de Mweso  avait recensé dix morts, "cinq civils, trois Maï-Maï Sheka et deux combattants APCLS", et sept blessés.

M. Banyene a parlé lui de seize morts. "Des otages ont été pris, mais on ne sait pas combien", a-t-il ajouté.

Il a aussi fait état d'autres affrontements entre les mêmes milices dans une autre zone du territoire. "Il y a eu trois enfants morts noyés quand ils ont tenté de traversé la rivière pour s'enfuir. Un enfant, un homme et une femme ont aussi été tués, cinq personnes ont été blessées et cinq cases brûlées", a-t-il précisé.

Selon lui, on constatait lundi une "accalmie relative" et les déplacés qui avaient fui vers Mweso revenaient à Kalembe.

"Cela fait presque cinq mois qu'il y a des combats entre l'APCLS et Sheka et (...) la population qui vit essentiellement de la terre ne peut plus vaquer à ses occupations à cause de l'insécurité", a-t-il dit, appelant "le gouvernement à prendre ses responsabilités" et la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), censée protéger les civils, à  "aider le gouvernement à restaurer l'autorité de l'Etat".

L'APCLS est un groupe armé composé majoritairement de membres de l'ethnie hunde. En février-mars, de violents combats avaient opposé l'armée à cette milice, faisant plusieurs dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés.

La milice de Ntabo Ntaberi Sheka est accusée d'avoir participé en 2010, avec la rébellion hutu rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des déserteurs de l'armée, au viol de près de 400 personnes en quatre jours d'attaques contre 13 villages du territoire de Walikale, à l'ouest du Masisi.

AFP

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