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Il était une fois la mobilisation

Alger, 2 janvier 1992. A l'appel de Hocine Aït Ahmed, près d'un million de personnes défilent dans les rues d'Alger. Mots d'ordre de la manifestation: «Vive l'Algérie libre et démocratique», «Ni Etat policier ni Etat intégriste mais Etat démocratique». La personnalité du leader charismatique du plus vieux parti d'opposition en Algérie et le travail de proximité et de mobilisation mené par les sections locales du FFS y étaient pour beaucoup dans le succès de cette formidable démonstration de force, perçue à l'époque comme le signe du réveil démocratique. Deux décennies plus tard, cette force politique, qui semble être dans l'impasse, ne draine plus les foules d'antan, y compris en Kabylie son fief traditionnel. Cherif Melbouci, un des membres fondateurs du FFS et ancien responsable de la Fédération de Tizi Ouzou de 1992 à 1997, se rappelle des années de gloire de son ex-parti : «Le 27 décembre 1990, nous avions mobilisé 875 bus et trois trains pour acheminer les manifestants vers la capitale. Des centaines de milliers de citoyens étaient au rendez-vous. Aujourd'hui, les responsables du parti ne sont même pas capables d'organiser des activités pour célébrer le 50e anniversaire de sa création», déplore M. Melbouci. Il ajoute : «Les structures locales du parti ne font plus de la politique. Hormis les anciens qui sont restés fidèles à l'idéal de 1963, un grand nombre d'imposteurs et d'opportunistes sont entrés au parti pour des raisons personnelles et purement mercantiles.» Selon lui, la majorité des structures du parti sont à l'arrêt, notamment dans la wilaya de Tizi Ouzou. «Le FFS s'est déconnecté de la population. Nous assistons à une paralysie totale du parti. Durant les années 1990, nous avions une section dans chaque commune, en plus de la section estudiantine Ali Mecili. Elles tenaient des réunions régulières. Le parti fonctionnait réellement. Il y avait une osmose entre le parti et la population et le FFS était alors capable de mobiliser la population pour des actions d'envergure nationale.» Chérif Melbouci se dit outré par la tournure des choses. «Le conseil national du FFS s'est réuni pendant deux jours et il n'a même pas fait de déclaration politique, même par principe. C'est un parti qui a perdu sa liberté d'action, bridé, complètement amorphe et inféodé quelque part.» Un responsable de section qui a requis l'anonymat dresse un tableau noir de l'évolution de son parti dans sa région : «Il y a une démobilisation totale des adhérents. Une vingtaine d'entre eux seulement sur une centaine assistent aux réunions. Il n'y a plus d'activités comme avant. Le FFS a perdu du terrain dans la wilaya de Tizi Ouzou. A Aïn El Hammam, son fief, il a été battu par le MPA lors des dernières élections locales.» Profond malaise A Bouzeguène, après la scission du parti entre pro-Laskri et les frondeurs, le fonctionnement des structures du FFS s'est quasiment enrayé. De nombreux anciens militants, à l'instar des nombreuses sections de la wilaya de Tizi Ouzou, se sont éloignés, sans démissionner des structures du parti. C'est quasiment l'élite du parti qui s'est retirée, laissant le champ libre aux partisans de la normalisation. Selon un ancien militant du parti, tous font croire que tout va pour le mieux, or, un profond malaise s'est installé au sein des structures du FFS. Même les élus paraissent dépassés par l'étendue du marasme communal. Huit mois après l'installation de l'exécutif communal, une léthargie inquiétante s'est installée. Des sources concordantes font part d'un futur changement au niveau de l'exécutif communal. La coalition FFS-FLN est fustigée par les militants. Il faut dire que de nombreux adhérents et sympathisants du parti n'ont pas digéré la décision de leur formation politique de participer aux élections législatives de mai 2012 et son silence face au remue-ménage s'opérant ces derniers mois dans la maison Algérie. Lounès, sexagénaire, ancien mordu du FFS, surtout de son leader Hocine Aït Ahmed, ne «croit plus aujourd'hui en ce parti, depuis les années 1990 lorsque cette formation politique s'était alignée avec l'ex-FIS et le FLN accaparé par des squatteurs illégitimes au lendemain de l'indépendance». Il regrette présentement le «couchez-vous» du FFS, depuis notamment l'éclipse définitive des Zenati, le défunt Dr Debaïli, Bouhadef, Djedaï, Tabbou. Un autre militant d'Azazga qui a tourné casaque note pour sa part :  «L'équipe de Laskri s'est définitivement acoquinée avec Bouteflika et son entourage qu'on le veuille ou pas. Pour preuve, lorsque ces animateurs politiques, notamment Karim Tabbou, étaient encore au FFS, des rencontres sporadiques étaient organisées un peu partout en Kabylie, ainsi que dans d'autres régions du pays, mais, pratiquement, au lendemain des législatives du 10 mai 2012, c'en était fini du plus vieux parti d'opposition. Pas un meeting, pas une rencontre politique, du moins en Kabylie, preuve en est le silence total du FFS. Même pas une déclaration pour éclairer l'opinion sur tout ce qui se passe dans le pays, alors qu'on ne cesse d'enregistrer des scandales un peu partout corruption, chômage, dégradation du niveau de vie du citoyen, des vols, des viols, le salafisme outrancier chez certains imams recommandés par le pouvoir pour des villages dans les profondeurs de la Kabylie.» Contacté par nos soins pour en savoir plus sur l'immobilisme des structures locales du parti, Farid Bouaziz, fédéral du FFS à Tizi Ouzou, qui s'est refusé à tout commentaire politique, a souligné : «Nous comptons 55 sections. Dans le reste des communes, nous avons des noyaux. Ces sections fonctionnent normalement. Le nombre d'adhérents a même doublé à la faveur de nouvelles adhésions enregistrées. Depuis 4 ans, la fédération a retrouvé un fonctionnement normal. Sur 67 communes de la wilaya, le FFS gère 16 APC.»

El Watan

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