mis à jour le

Abderrahmane Arrar : "Il y a urgence d'aller vers des tribunaux pour enfants"

Les violences faites aux enfants n'alertent l'opinion publique que dans des situations extrêmes, c'est-à-dire au cas où il y a viol suivi de meurtre. Or c'est au quotidien que des enfants sont maltraités, violentés, agressés, abusés...faisant d'eux de futurs adultes brisés. Dans un  entretien accordé à El Watan.com, Abderrahmane Arrar président du réseau algérien pour la défense des Droits de l'Enfant (NADA) insiste pour dire qu'il y a urgence : « la société civile et les pouvoirs publics doivent se mobiliser dans la durée pour contrer les violences faites aux enfants ». Protège-t-on efficacement l'enfant dans notre pays ?                                                                                                                                                        Le problème c'est qu'on apporte des solutions sécuritaires et on s'arrête là. On emprisonne le ou les coupables et on passe à autre chose. En fait le suivi est décisif. Il est temps d'aller au fond des problèmes et s'inscrire dans le travail durable. Je veux dire il faut aller vers la source du phénomène  des  violences faites aux enfants. Dautant plus qu'on fonctionne avec des méthodes de protection datant des années 70. Quelles sont les lacunes du mécanisme de protection de l'enfant victimes d'abus sexuels et de violences ?                                               Lourdeur de procédure, lourdeur d'enquête et cumul des affaires. Il y a nécessité d'aller vers la formation de  tribunaux spécialisés dans les affaires des enfants. On n'a pas encore d'avocats spécialisés dans les affaires des enfants... Par exemple et pour ce qui est du volet juridique, la loi donne le droit au juge de placer l'enfant en dehors de sa famille au cas où il y a eu violence mais on n'interdit pas aux parents de s'en approcher. C'est le cas de deux fillettes de 7 et 13 ans qu'on a récemment traitées. Elles refusent d'aller à l'école car elles ont peur de trouver leur père violeur devant les portes de l'école. Leur violeur est toujours libre car il y a lourdeur dans la procédure et l'enquête. En outre  le juge ne peut pas lui interdire  d'approcher ses filles car encore une fois aucune loi ne le stipule. Conséquence, les victimes ne se sentent pas en sécurité pour oser aller à l'école. Par ailleurs, on doit aussi utiliser les technologiques dans les différentes étapes du traitement des cas de viol. Pourquoi contraint-on la l'enfant victime de violence à répéter ce qu'il a subi à toutes les étapes, enquête sociale, enquête médicale...c'est dur pour lui de ressasser ce qu'il a enduré. On propose plutôt  de l'enregistrer une fois et d'écouter l'enregistrement à chaque fois qu'on en a besoin pour épargner à la victime tout répétition. Vous dites que la détresse est un grand chantier dans notre pays. Que voulez-vous dire par là ? Le recours à la violence est devenu systématique. La détresse est devenue un ancrage  dans notre société. Sur les plans socioculturel et économique, la famille algérienne traverse de dures mutations. Il y a eux fracture. Alors qu'autrefois les liens familiaux solides pouvaient réparer les conséquences des conflits, aujourd'hui ces liens n'existent plus. Résultat les blessures morales et physiques ne sont pas réparées. Il faut des ressources pour protéger l'enfant. Un cas traité peut représenter une année d'accompagnement. Malgré tous les efforts fournis de part et d'autre-sachant que ce n'est que de puis 10 ans qu'on s'intéresse vraiment aux violences faites aux enfants -une volonté politique est nécessaire pour venir en aide aux enfants en détresse et ce avec la coordination de tous les acteurs de la société pour affronter la détresse de toute une société. Expliquez-nous ce que vous voulez dire par coordination? Les spécialistes sont là ,ils existent mais il y a une  distance  de communication qui les sépare. Résultat: on ne se mobilise pas efficacement. Les cas des enfants violentés concernent tous les acteurs de la société sans exception. Par ailleurs ,le code de l'enfance que nous avons déjà soumis au parlement devrait passer prochainement. Cela nous permettra une grande avancée dans notre combat pour la protection des enfants violentés.              

urgence

AFP

Esclavage en Libye: réunion en urgence mercredi soir entre France, Niger, Tchad, ONU, UA, UE

Esclavage en Libye: réunion en urgence mercredi soir entre France, Niger, Tchad, ONU, UA, UE

AFP

Nigeria: urgence "extrême" contre la famine dans le nord-est

Nigeria: urgence "extrême" contre la famine dans le nord-est

AFP

Alerte

Alerte