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Guinée: les résultats des législatives attendus dans la crainte

Le comptage de voix se poursuivait dimanche en Guinée au lendemain d'élections législatives qui se sont déroulées dans le calme et ont mobilisé les électeurs en dépit de craintes de violences.

Ces inquiétudes de troubles n'étaient toutefois pas dissipées, face aux réactions imprévisibles que pourrait susciter l'annonce des résultats officiels provisoires, prévue pour le 2 octobre par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Le scrutin a été repoussé plusieurs fois, en raison d'absence de consensus entre pouvoir et opposition, notamment sur le fichier électoral. Le processus électoral a été grippé pendant plusieurs mois par un bras de fer entre les deux camps, qui a parfois conduit à des manifestations marquées par des violences meurtrières.

"Le comptage des voix ne devrait pas durer. Il a commencé et des bureaux de vote ont même commencé à donner des résultats" partiels provisoires, tant à Conakry qu'en province, a affirmé dimanche à l'AFP un responsable de la Céni.

La commission électorale a annoncé qu'elle communiquera des "résultats partiels provisoires" lundi et mardi, et puis les chiffres "totaux provisoires" mercredi. D'après la loi, les résultats définitifs doivent être donnés par la Cour suprême dans les dix jours qui suivent le scrutin.

Selon la Céni, la participation au scrutin de samedi a été importante, avec "une tendance de plus de 80%".

"Nous avons relevé le défi de la participation massive. (...) Nous avons passé une journée de vote calme. Il n'y a pas eu de +clash+ (heurts), les Guinéens se sont bien comportés", s'était réjoui dès samedi soir le responsable de la Communication de la Céni, Alpha Yéro Condé.

Pour les cent observateurs électoraux déployés par la Commission économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), les législatives "se sont tenues dans des conditions acceptables de liberté et de transparence", a affirmé le chef de leur mission, l'ex-Premier ministre togolais Edem Kodjo, lors d'une conférence de presse dimanche après-midi à Conakry.

Plus de cinq millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir 114 députés lors de ces législatives, les premières depuis celles de 2002 en Guinée.

Problèmes dans l'organisation du vote

Elles devaient être organisées dans les six mois suivant l'arrivée au pouvoir d'Alpha Condé, devenu en novembre 2010 le premier chef d'Etat élu démocratiquement dans cette ex-colonie française indépendante en 1958, habituée à l'instabilité politique et militaire et où les divisions politiques recoupent souvent les dissensions ethniques.

 

"Insuffisance constatées" mais sans conséquence sur le scrutin

 

Le scrutin a été reporté plusieurs fois, pour être finalement fixé à samedi, à cause des divergences entre le pouvoir et l'opposition, cette dernière ayant menacé de ne pas y participer si des corrections n'étaient pas apportées notamment sur le fichier et le découpage électoraux, parmi les points fondamentaux de désaccord entre les deux camps.

L'opposition soupçonnait le fichier électoral d'avoir été "gonflé" en faveur du pouvoir dans les zones considérées comme pro-Condé et réduit dans des zones réputées fiefs des opposants. Autre point de désaccord: la Céni, jugée partiale par les opposants.

La contestation politique a été marquée ces derniers mois par plusieurs manifestations qui ont dégénéré en débordements meurtriers.

Des incidents entre des militants du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, pouvoir), qui dirige la coalition RPG-Arc en ciel, et du principal parti d'opposition, l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, avaient fait les 22 et 23 septembre au moins un mort et plus de 70 blessés, selon un bilan officiel.

Le calme a généralement prévalu lors du scrutin mais des problèmes liés à l'organisation du vote se sont posés dans plusieurs bureaux, selon des représentants de l'opposition, des observateurs et la presse locale.

Dans plusieurs bureaux  à Conakry, des problèmes matériels liés notamment à l'absence ou à la qualité de l'encre indélébile et d'enveloppes ont été constatés.

Plusieurs personnes munies de leur récépissé d'inscription sur les listes électorales n'ont notamment pas pu voter à cause de la décision prise par la Céni de ne pas les accepter comme sésame électoral.

"Les insuffisances constatées" durant les opérations de vote "ne sont pas attribuables à un acte délibéré pouvant remettre en cause l'intégrité" du scrutin, a soutenu le chef des observateurs de la Cédéao Edem Kodjo.

Dimanche à Conakry, environ 30 femmes, militantes de la coalition au pouvoir, ont brièvement manifesté devant le siège d'une commission de comptage des voix, en dénonçant des résultats parcellaires diffusés par des radios privées. Elles ont été priées de quitter les lieux par des hommes de la force chargée de sécuriser les élections présents sur place, a constaté un journaliste de l'AFP.

AFP

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