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Il est illusoire de croire qu'on peut réformer s'il n'existe pas un certain nombre de conditions politiques claires. Il faut rappeler qu'à l'exception de la Chine et du Vietnam, les réformes économiques de par le monde ont toutes été précédées d'un changement de régime et de l'instauration de la démocratie selon les principes universellement reconnus et la construction d'un Etat de droit. Cette évolution, chez nous, est inéluctable», a lancé Mohand Amokrane Cherifi, membre de l'instance présidentielle du Front des forces socialistes à l'occasion d'une conférence économique et sociale organisée hier par ce parti. Le préalable démocratique est une obligation dit-il, face au président du Conseil national économique et social (CNES) Mohamed Seghir Babès, invité à l'occasion comme pour marquer l'ouverture du parti au dialogue sans exclusive. «La construction du consensus national vise à conduire cette évolution d'une manière progressive et pacifique avec un calendrier et des garanties qui rassurent toutes les sensibilités au sein du pouvoir et de l'opposition, en évitant les ruptures violentes qui menaceraient l'unité nationale, la stabilité et la souveraineté nationale», souligne encore M. Cherifi, donnant les premières lignes du programme tracé par le FFS pour sortir le pays de l'impasse dans laquelle il se trouve. «Il faut être réaliste, le chemin sera long et risqué. Je suis convaincu de ce que nous faisons et on est prêts à parler avec tout le monde parce que nous sommes un parti qui a des principes, des valeurs et des convictions et personne ne peut nous faire dévier de notre ligne politique», déclare-t-il en réponse aux questionnements que suscite la démarche du parti. L'expert onusien qu'est M. Cherifi rappelle le contexte régional sensible et affirme que «si nous appelons au consensus c'est parce que nous nous trouvons dans la même situation qu'à la veille du 1er Novembre 1954». La journaliste et directrice du journal La Nation, Salima Ghezali, note pour sa part que la situation est semblable à la fois à la veille du 1er Novembre 1954, mais aussi au milieu de 1830. «La situation politique du pays est extrêmement grave, nous n'allons pas la résoudre en criant qu'elle l'est, mais en situant la responsabilité qui incombe en premier lieu aux institutions de l'Etat. Avant la Révolution du 1er Novembre, il ne faut pas oublier que nous avons été trahis par nos élites en 1830. Et aujourd'hui nous sommes à la fois à la veille d'un 1er Novembre et en plein milieu de 1830. Nos dirigeants ne prennent pas la mesure de la situation ou alors ils ont renoncés», dit-elle, en se disant scandalisée par le fait que le Président ne comprenne pas ce qui se passe alors qu'il s'agit de «survie pour nous en tant que nation, en tant qu'Etat et en tant que groupe humain». Et d'ajouter qu'«au niveau local, national et international, il y a un informel du politique qui menace le politique». Revenant aux réformes économiques, M. Cherifi appelle à l'autonomisation du pouvoir de décision pour libérer l'économie des différents freins. «L'état actuel de l'économie appauvrit une majorité et enrichit une minorité, ce qui est une source d'instabilité. L'expérience dans de nombreux pays a montré que s'il est possible de se mettre d'accord sur les grandes lignes d'un programme économique et social, le plus grand des obstacles est d'abord d'ordre politique parce que les réformes économiques supposent une redistribution des pouvoirs entre l'Etat et les promoteurs du développement durable, exigeant une décentralisation effective, une autonomisation des acteurs, l'indépendance de la justice pour mettre fin à la corruption, et la protection de la presse», note-t-il encore, avant de préciser que ce schéma n'est réalisable que si les puissants acteurs du champ politique renoncent à leurs intérêts et privilèges. Le président du CNES reconnaît quant à lui que des dysfonctionnements existent entre les politiques publiques et leur application. «Il y a çà et là des choses qui s'inscrivent dans ce décalage tenant au fait qu'il y a une ignorance de l'acte de produire des politiques publiques», dit-il. Et de répondre à la question de l'utilisation du gaz de schiste que l'on gagnerait d'abord à utiliser nos grandes ressources d'énergies renouvelables. La conférence du FFS s'est poursuivie avec des thèmes liés à l'environnement, la culture et le travail de la société civile. Un meeting populaire est prévu aujourd'hui par le FFS pour célébrer le 50e anniversaire de son existence.  

El Watan

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