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Les derniers instants de la crise du Westgate

Après près de 48 heures de "cache-cache" meurtrier avec les assaillants du centre commercial Westgate de Nairobi, réfugiés lundi dans une chambre forte, les commandos kényans ont eu recours à des obus anti-char pour en venir à bout, ont raconté à l'AFP des soldats ayant participé à l'intervention.

Selon deux témoignages directs et concordants recueillis par l'AFP, deux tirs de canon anti-char portatif Carl-Gustav, de fabrication suédoise, ont détruit lundi à la mi-journée une chambre forte d'où les derniers islamistes ayant pris d'assaut le Westgate samedi menaient la vie dure aux commandos kényans.

"Nous avons dû utiliser la manière forte et en finir avec ces gars", a raconté à l'AFP un membre d'une des unités commando kényanes, qui a participé aux combats contre des ennemis invisibles et bénéficiant d'une position bien protégée.

"C'était un incessant cache-cache" avec les assaillants, a expliqué ce militaire, "je ne les ai vus qu'une fois. On ne pouvait pas les apercevoir".

Les assaillants sont alors retranchés dans une chambre forte du 1er étage du supermarché du Westgate, selon les descriptions fournies séparément à l'AFP par deux soldats des unités d'élite ayant participé aux opérations. De là, les islamistes harcèlent les soldats d'élite kényans qui tentent d'approcher.

Deux membres du commando menant l'assaut sont tués alors qu'ils tentent d'ouvrir la porte de la chambre forte. Ils sont abattus par un assaillant équipé d'un fusil-mitrailleur, placé légèrement en hauteur en position de sniper et qui interdit au commando d'approcher de la pièce, a expliqué un autre de leurs camarades de combat.

"Nous ne savions pas combien de terroristes étaient réfugiés dans la chambre forte. Nous ne les avons jamais vus" tout au long des combats, a témoigné ce soldat qui affirme ne pas savoir si des otages se trouvaient avec les assaillants.

L'approche semble alors impossible, le sniper invulnérable dans sa position, deux soldats sont déjà morts et le reste du commando craint que les assaillants ne s'emparent de leurs armes, a expliqué un des militaires.

Deux obus anti-char de 84mm, tirés depuis le canon portatif Carl-Gustav, vont détruire la porte et pulvériser ses occupants.

Ses obus à tête creuse sont conçus pour percer les blindages modernes et enflammer l'intérieur de la cible visée. "Un incendie a éclaté", raconte l'un des soldats et les forces d'élite se retirent du bâtiment, sans pouvoir s'approcher de la pièce détruite.

A l'extérieur, une série de fortes explosions est entendue. Quelques minutes plus tard, une épaisse fumée noire s'élève au-dessus du parking à ciel ouvert, situé sur le toit du 1er étage du supermarché.

Environ 24 heures plus tard, affaiblie par les flammes, la partie arrière du centre commercial, supportant le parking, s'effondre.

Tirs rares, mais efficaces

 

Les premières unités d'élite de l'armée kényane étaient entrées samedi après-midi dans le Westgate, plusieurs heures après le début de l'attaque.

Dimanche, d'importants renforts arrivés sur les lieux ont lancé un premier assaut contre les islamistes, auquel participent trois unités d'élite: Para-commandos, Rangers et 7e Bataillon de fusiliers.

"Nous sommes entrés par la porte principale du rez-de-chaussée" du centre commercial et "avons commencé à progresser très lentement vers les étages", a expliqué un des deux militaires, disant se déplacer alors sur un sol ensanglanté.

"Nous n'avons rencontré de la résistance qu'en essayant de rejoindre" le premier étage, où des assaillants sont retranchés, déjà, dans cette pièce dotée d'une vitre pare-balles. Deux soldats sont blessés au cours de l'opération.

De temps en temps, les assaillants "sortent, nous tirent dessus et rentrent ensuite" dans la pièce sécurisée, explique-t-il, "apparemment, ils essayaient d'économiser leurs munitions". Ils tirent rarement, mais "quand ils tirent, ils tirent bien", indique ce soldat.

Le face-à-face dure la journée, sans avancée. Les combats reprennent lundi matin, audibles depuis l'extérieur.

Lundi à la mi-journée, l'utilisation de la "manière forte" s'impose. "C'était la seule option", assure un des soldats. "Parfois il faut utiliser une force létale pour sauver d'autres vies", explique-t-il, en admettant la possibilité de "dommages collatéraux", en référence à de possibles otages.

Il regrette aussi que l'unité n'ait pas réussi, malgré ses efforts, à récupérer, avant les tirs, les corps des deux soldats tués, finalement carbonisés lors de l'explosion des obus.

Dans l'après-midi, les commandos retournent dans le Westgate. "Aucune résistance, la partie était finie", résume un des deux soldats.

AFP

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