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Soudan: des ONG dénoncent le recours

Des organisations de défense des droits de l'Homme ont accusé vendredi les forces de sécurité au Soudan d'avoir délibérément tiré sur les manifestants protestant contre des mesures d'austérité, et fait état de 50 morts ces derniers jours à travers le pays.

Depuis la décision lundi de lever des subventions sur les carburants, des milliers de Soudanais ont manifesté appelant à la chute du régime lors d'un mouvement de contestation d'une ampleur inégalée depuis l'arrivée au pouvoir du général Omar el-Béchir 1989.

Selon des sources hospitalières et la police, 29 personnes ont été tuées durant les manifestations à travers le pays. La plupart sont des civils tués par les forces de l'ordre, ont précisé témoins et proches.   

 

Selon un communiqué commun de l'African Centre for Justice and Peace Studies et d'Amnesty International, 50 personnes ont péri après avoir été touchées par balles à la tête ou à la poitrine mardi et mercredi.

"Des sources locales et des militants ont parlé d'un bilan plus lourd, au delà de 100", ont-ils dit.

Les deux groupes ont exprimé leur "profonde inquiétude" sur les informations faisant état de l'arrestation de centaines de manifestants par les services renseignements et appelé les autorités à "s'assurer qu'ils ne sont ni torturés ni maltraités"."Tirer pour tuer -en visant notamment la tête et la poitrine- est une violation flagrante du droit à la vie, et le Soudan doit immédiatement cesser cette violente répression par ses forces de sécurité", a déclaré Lucy Freeman, directrice-adjointe pour l'Afrique à Amnesty International.

"Au moins 50 personnes ont été tuées et 100 blessées depuis le début des protestations, selon des sources interviewées par les organisations", ont précisé les deux groupes. "Un garçon de 14 ans de Khartoum figure parmi les morts et il semble que la majorité des victimes sont âgées de 19 à 26 ans".

Osman Hummaida, directeur exécutif de l'African Centre for Justice and Peace Studies, a appelé le Soudan à enquêter sur "le recours disproportionné à la force et sur des allégations de tirer pour tuer les protestataires".

Les manifestations ces derniers jours ont parfois pris une tournure violente avec des biens publics et privés attaqués. La télévision officielle a accusé des "hors-la-loi" d'en être responsables.

La TV accuse des "hors-la-loi"

 

De nouvelles manifestations sont prévues vendredi à l'appel de militants qui ont demandé, via les réseaux sociaux, au "peuple soudanais de poursuivre sa révolution", et réclamé "la démission du chef de l'Etat".

 

 

 

AFP

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