mis à jour le

Leader du Mouvement des chômeurs, Tahar Belabès encourt une peine de 6 mois de prison ferme et une amende de 20 000 DA dès dimanche prochain pour ses activités au sein de la coordination. Il a bien voulu répondre aux questions d'El Watan à la veille des manifestations prévues samedi prochain.   - Comment se déroulent les préparatifs du 28 septembre ?   C'est simplement une intensification de la communication avec les masses. Nous occupons l'espace public et faisons entendre notre voix avec des messages très simples concernant des promesses non tenues par nos décideurs. Nous voulons gagner en visibilité dans la rue, dans les quartiers.   - Des changements ont été opérés au niveau de l'administration locale qui semble mieux appréhender les problèmes sociaux de la wilaya, mais vos revendications n'ont pas changé. Que s'est-il passé depuis et que reprochez-vous à la nouvelle équipe ?   Le nouveau wali a reçu deux fois des délégations de notre mouvement, il a demandé plus de temps pour concrétiser sa politique d'assainissement du secteur, il a promis que des postes seraient ouverts d'ici à la fin d'année, il nous a même remis des documents officiels demandant aux chefs d'agences ANEM de nous recevoir et de nous écouter. M. Bouguerra annonce que sa porte nous est ouverte, mais charge son chef de cabinet du dossier de l'emploi alors que, pour nous, ce dernier fait partie de l'ancien système, c'est un rescapé de l'ancienne administration. Il continue à nous traiter avec condescendance et son inimitié fait qu'il est incapable d'instaurer un climat de confiance. Nous estimons qu'une mafia tentaculaire impliquant les pouvoirs central et local fait main basse sur le secteur de l'emploi. Même avec toute la bonne volonté du monde, le nouveau wali ne pourra pas la contrecarrer. La preuve, malgré l'arsenal de lois et les décisions prises par M. Sellal, la sous-traitance persiste et ne se cache pas, le recrutement direct échappe à l'ANEM et les postes vont aux mêmes privilégiés. Je vous dis que rien n'a changé.   - Les slogans seront donc les mêmes que les manifestations passées...   Nous comptons en premier lieu sur l'effet du nombre par une mobilisation maximale de nos militants, et ils sont nombreux, croyez-moi. Nous chanterons en ch½ur l'hymne du chômeur algérien sur l'air de Qassaman pour dire que le ras-le-bol est à son summum en cette période de coulissage politique d'avant la présidentielle. Quant aux revendications proprement dites, l'emploi, une vie citoyenne digne pour tous, la liberté de s'indigner... somme toute des revendications sociales et politiques dans leur essence, car notre lutte pour l'emploi nous a démontré que le social et le politique sont indissociables et nous ne sommes pas prêts à revenir en arrière. Nous avons goûté à la liberté de manifester, d'exprimer nos revendications et, maintenant, que les forces de l'ordre semblent vouloir nous l'interdire. Nous nous insurgeons et disons clairement que la sourde oreille des pouvoirs publics est le meilleur moyen de nous mobiliser encore plus et de radicaliser notre mouvement.   - Comment cela, radicaliser le mouvement ? Vous parlez de revendications alors que les pouvoirs publics affichent un satisfecit général quant à l'application des mesures du Premier ministre et vous accusent d'être les seuls à ne pas voir la réalité en face...   Je ne suis pas sûr que le fait de former quelques soudeurs par Sonatrach, recruter quelques jeunes à la DGSN ou octroyer des prêts bancaires bonifiés à l'Ansej soit la formule magique pour la résorption du chômage ! Ça se saurait et il n'y aurait pas autant de chômeurs dans la rue. Les pouvoirs publics seront les premiers à se rendre compte de leur méprise samedi prochain, quand ils verront la foule de chômeurs appeler au départ du gouvernement, surtout les ministres qui ont prouvé pendant une décennie leur échec et leur manque de clairvoyance. Nous serons là pour dire que le problème de la centralisation du pouvoir et de la gestion publique persiste, que nous ne voulons pas d'un travail sans dignité, que nous ne croyons plus en ce pouvoir qui promulgue des décrets et des lois que personne n'applique et que l'administration algérienne elle-même foule aux pieds, donnant toute latitude aux multinationales de mieux nous mépriser, sucer notre sang et dilapider nos richesses contre des miettes.   - Vous ne m'avez toujours pas expliqué : comment allez-vous radicaliser votre mouvement ?   Premièrement, nous avons décidé de ne plus quitter la rue ; deuxièmement, nous ne voulons plus de dialogue avec les autorités, nos décideurs devront passer aux mesures concrètes d'eux-mêmes et mettre en place une politique efficace de recrutement. Nous ne voulons plus de tergiversations ou de décisions qui profitent toujours aux mêmes. Chaque jour, la presse nous annonce de nouvelles découvertes de pétrole au Sud et rien pour ses enfants. On en a assez d'être pris pour des citoyens de 3e degré ! Et puis, tout le monde a bien vu que depuis que nous avons annoncé l'organisation d'une «journée de la colère», des voix s'élèvent contre les chômeurs, et surtout ceux du Sud, qu'on accuse encore d'être séparatistes répondant à des agendas extérieurs, voire porteurs d'un «plan de Genève 13», selon Mme Saïda Benhabyles qui, après avoir profité de longues années sur le dos de Ouargla, vient nous traiter de terroristes et nous donner des leçons de patriotisme. Nous ne sommes pas des traîtres, encore moins des «séparatistes». Notre mouvement revendique des droits civiques fondamentaux.

El Watan

Ses derniers articles: Programme AADL 2 : les résultats communiqués  Tizi Ouzou : Les retraités de l‘ANP s’organisent  Sellal : Les visites de terrain n'ont rien 

Sellal

Djamila Ould Khettab

Sellal : Pas d’ouverture des frontières de l’extrême sud du pays

Sellal : Pas d’ouverture des frontières de l’extrême sud du pays

Contributeur AF

Pré-campagne : Saidani est ma bouche, Sellal mes mains, Saïd ma tête… PAR Kamel DAOUD

Pré-campagne : Saidani est ma bouche, Sellal mes mains, Saïd ma tête… PAR Kamel DAOUD

Abdou Semmar

Abdelmalek Sellal : “Parole, parole, parole” !

Abdelmalek Sellal : “Parole, parole, parole” !

été

AFP

CAN-2017: pour Joseph-Antoine Bell, le tirage "n'a jamais été aussi bon" pour le Cameroun

CAN-2017: pour Joseph-Antoine Bell, le tirage "n'a jamais été aussi bon" pour le Cameroun

AFP

Mali: libération d'un animateur radio dont la détention a été marquée par de violents heurts

Mali: libération d'un animateur radio dont la détention a été marquée par de violents heurts

AFP

Mali: enquête ouverte sur l'attaque

Mali: enquête ouverte sur l'attaque