mis à jour le

RDC: accrochage entre le M23 et l'armée, au moins deux morts

Des combats ont opposé brièvement jeudi matin des rebelles du M23 aux troupes gouvernementales dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), faisant au moins deux morts, alors que les deux camps négocient à Kampala, en Ouganda.

Il s'agit des premiers combats directs entre le Mouvement du 23 Mars (M23) et l'armée depuis le 30 août, date à laquelle les rebelles s'étaient repliés des collines d'où ils menaçaient Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, à la suite d'une offensive conjointe de l'armée et de la brigade d'intervention de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco).

L'affrontement s'est produit tôt dans la matinée à Kahunga, près de la ville de Kiwanja (environ 80 km au nord de Goma) alors que le M23 et le gouvernement congolais négocient depuis le 10 septembre à Kampala une issue au conflit qui les oppose depuis un an et demi. Les discussions achoppent cependant depuis quelques jours.

"La situation est redevenue calme", a indiqué à l'AFP le lieutenant-colonel Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco, sur la foi des renseignements transmis par la base des Casques bleus proche de Kiwanja. L'accalmie a été confirmée à l'AFP par l'armée et un colonel du M23, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

L'accrochage a duré une vingtaine de minutes, deux rebelles du M23 ont été tués, et un membre des Forces armées de la RDC (FARDC) a été blessé, a précisé le lieutenant-colonel Basse. Il a estimé que les informations qu'il avait pu recouper confirmaient la version des faits donnée par l'armée dont le porte-parole pour le Nord-Kivu, le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, avait parlé d'une "altercation" vite terminée "entre deux patrouilles de combat FARDC et M23".

"On n'a rien vu, rien entendu"

Interrogé par l'AFP, le président du M23, Bertrand Bisimwa, a donné un tout autre bilan: "6 morts, 3 blessés graves et 2 capturés, tous (membres des) FARDC. De notre côté, aucune victime, sauf 3 maisons de civils détruites".

C'est M. Bisimwa qui avait donné l'alerte le matin en affirmant dans un communiqué que l'armée gouvernementale attaquait "depuis cette nuit les positions tenues par [le M23] sur l'axe Mabenga-Kiwanja". Il accusait le gouvernement congolais de vouloir "saper les efforts de paix entrepris ces derniers jours par la communauté internationale et qui ont abouti à la reprise des négociations de Kampala".

Kinshasa a catégoriquement démenti cette présentation des faits. "Ce matin, une colonne du M23 est tombée de manière impromptue sur une caserne des FARDC à Kahunga et ils ont subi une réponse de feu", a dit à l'AFP le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Selon lui, cette caserne vient d'être installée, et le M23 ignorait vraisemblablement son existence.

"La question est de savoir pourquoi un groupe dont la communauté internationale demande le désarmement se promène lourdement armé. Comme ils ne savent pas se justifier, ils essayent une fuite en avant" en accusant le gouvernement, mais "en réalité, il n'y a pas eu d'attaque" de la part des FARDC, a ajouté M. Mende.

"J'ai vu des agriculteurs qui revenaient des champs parce qu'il y a des affrontements entre le M23 et l'armée", a déclaré à l'AFP Arsène, un habitant de Kiwanja joint par téléphone à partir de Goma, indiquant avoir vu deux jeeps de "renforts" du M23, et aussi trois chars de l'ONU se diriger vers Mabenga.

"On n'a rien vu, rien entendu. On a seulement dit aux agriculteurs de rentrer. Ça fait depuis deux jours qu'ils nous disent de quitter le champ", a indiqué à l'AFP, à condition de ne pas être nommé, un autre habitant de Kiwanja, localité sous le contrôle du M23 depuis juillet 2012.

Le M23 est né en 2012 dans le Nord-Kivu (riche province minière frontalière du Rwanda et de l'Ouganda) d'une mutinerie d'anciens rebelles congolais qui avaient été réintégrés en 2009 dans l'armée régulière congolaise à la suite d'un accord de paix.

Les rebelles réclament la pleine application de cet accord et défendent essentiellement les droits des Tutsis congolais.

AFP

Ses derniers articles: Mali: l'ONU dit son "impatience" aux signataires de l'accord de paix  OMS: le Canada réclame l'annulation de la nomination du président Mugabe  Somalie: l'attentat de Mogadiscio met en lumière la fragilité du gouvernement 

accrochage

AFP

Soudan du Sud: "cinq soldats tués" dans un accrochage

Soudan du Sud: "cinq soldats tués" dans un accrochage

AFP

Tunisie: nouvel accrochage

Tunisie: nouvel accrochage

AFP

Centrafrique: accrochage dans l'ouest, deux casques bleus grièvement blessés

Centrafrique: accrochage dans l'ouest, deux casques bleus grièvement blessés

M23

AFP

République démocratique du Congo: l'ex-rébellion M23 demande un nouveau programme de démobilisation

République démocratique du Congo: l'ex-rébellion M23 demande un nouveau programme de démobilisation

AFP

RDC: plus de 350 membres de l'ex-rébellion congolaise du M23 amnistiés

RDC: plus de 350 membres de l'ex-rébellion congolaise du M23 amnistiés

AFP

RDC: la vie a repris, mais l'occupation par le M23 a laissé des traces

RDC: la vie a repris, mais l'occupation par le M23 a laissé des traces

morts

AFP

Somalie: au moins 358 morts dans l'attentat de Mogadiscio

Somalie: au moins 358 morts dans l'attentat de Mogadiscio

AFP

Togo : trois morts dans des heurts avec les forces de l'ordre (opposition)

Togo : trois morts dans des heurts avec les forces de l'ordre (opposition)

AFP

Togo: quatre morts dans des heurts entre manifestants et forces de l'ordre

Togo: quatre morts dans des heurts entre manifestants et forces de l'ordre