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Une interview (presque) imaginaire avec Said B., profession :

Docteur en sciences politiques et spécialiste du Maghreb, Naoufel Brahimi El Mili est l'auteur d'interview (presque) imaginaires d'acteurs politiques du monde arabe. Pour Algérie-Focus.com, il croque Abdelaziz Bouteflika et d'autres responsables algériens. Naoufel Brahimi El Mili a aussi publié aux éditions Max Milo en 2012 « Le printemps arabe, une manipulation ? »

Said B. : Préalablement à vos questions, je réitère ma détermination à garder l'anonymat afin que mes propos restent déconnectés du contexte de mon frère. En conséquence, je ne dévoilerai pas son identité, pour les besoins de l'interview je l'appellerai : Abdelaziz B. Que ce soit parfaitement clair, je cite Laurent Fabius, alors Premier ministre de François Mitterrand : « Moi c'est moi et lui c'est lui » !!

Moi : Merci pour cette mise au point, pourquoi cette volonté de vous démarquer totalement de votre frère ?

Lui : Comme j'envisage sérieusement lui succéder dans ses fonctions je tiens à mettre en avant mes propres qualités, mes compétences et mon expérience. Ainsi j'écarte toute accusation de népotisme qui pourrait entacher l'½uvre grandiose de mon frère. De ma filiation, je ne veux en tirer aucun avantage, quoiqu'en disent mes détracteurs.

Moi : Cette posture vous honore mais les liens de sang ne peuvent être ignorés surtout dans le pays d'Ibn Khaldoune, concepteur d'Al Assabiya ?

Lui : Je reconnais que mon patrimoine génétique m'avantage, notre fratrie a d'incontestables dons. Toutefois, il existe des différences entre mon frère et moi : j'ai fait de véritables études sanctionnées par de véritables diplômes aussi j'ai exercé un véritable métier.

Moi : En somme vous êtes la version actualisée voire plus performante de votre frère, n'est ce pas ?

Lui : Je n'irai pas jusqu'à me présenter comme Said B. 2.0, je rappelle simplement que mon (relatif) jeune âge accentue ma proximité générationnelle avec la majorité des Algériens.

Moi : A ceux qui vous qualifie de Grand Vizir, voire de (petit) Prince, que répondrez-vous ?

Lui : Je suis quelqu'un de modeste, j'ai longtemps conduit une vieille Golf noire. Je ne suis pas un Prince, la preuve : Club des pins n'est ni une principauté ni même un émirat. Aussi ma discrétion légendaire écarte toute comparaison avec un Grand Vizir, la preuve : ma dernière apparition télévisuelle a été furtive et n'a duré que quelques secondes à travers le reflet de ma silhouette sur un miroir.

Moi : Vous comprenez quand même que la transmission des fonctions dans un cadre intrafamilial peut choquer dans un monde moderne et démocratique ?

Lui : Les Etats-Unis d'Amérique sont modernes et démocratiques et tout le monde a salué le fabuleux travail des frères Kennedy.

Moi ; Bravo pour la comparaison mais elle a ses limites : Kennedy était entouré par des chanteurs comme Franck Sinatra qui n'a rien à avoir avec Cheb Mami. A JKF on prêtait des relations avec la mafia, ce qui n'est pas du tout votre cas, n'est-ce pas.

Lui : Oui je confirme, les allégations sur une mafia à l'algérienne sont : « abracadabrantesques ». Le mot est de Jacques Chirac, grand homme politique intègre et qui n'a pas hésité à confier une mission sensible à sa fille Claude. La compétence prime sur les liens de sang.

Moi : Pourquoi cette allusion à Jacques Chirac ?

Lui : Le président Chirac a modifié le septennat en quinquennat. Ici, c'est l'inverse. Du moins je l'espère et croyais moi je m'y emploie.

Moi : Merci Monsieur Said B. pour votre précieux éclairage qui replace votre démarche dans une rassurante dynamique de continuité et donc de stabilité.

Lui : (dans le texte) La choukra ala Al wajeb.

Par Naoufel Brahimi El Mili

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