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Guinée: des menaces évoquées

Le gouvernement de Guinée a fait état de menaces contre ce pays, émanant de l'étranger, dans un contexte de tensions politiques à l'approche  d'élections législatives et après l'évocation par un journal français d'un possible projet de coup d'Etat.

Le ministre guinéen de la Sécurité et de la Protection civile, Madifing Diané, a évoqué ces menaces en recevant une délégation de la Francophonie en présence de la presse.

"La Guinée est en danger, mais (...) la ficelle est tirée de l'extérieur et quelques politiques qui ont dérapé de leur option politique sont au coeur de cette agitation", a déclaré M. Diané.

Dans son édition de mercredi, l'hebdomadaire satirique français Le Canard enchaîné a indiqué que des notes de services secrets américains CIA et français DGSE annonçaient "un coup d'Etat à Conakry".

Ce projet serait préparé par "des mercenaires français, sud-africains et israéliens, disposant de relais à Paris et en Afrique et soutenus par un +roi du diamant+". "Les troubles pourraient être déclenchés dès la semaine prochaine", a écrit Le Canard enchaîné.

Interrogé sur ces informations, M. Diané a décliné tout commentaire. "Ce sont des services plus structurés que les miens, la CIA et les services français, qui font allusion à ça", a-t-il simplement dit, ajoutant: "Il serait prétentieux de ma part (...) de dire que nous maîtrisons toute la situation."

Selon Le Canard enchaîné, ce projet de déstabilisation est nourri par des convoitises sur les richesses minières importantes dont recèle le sous-sol guinéen.

Premier pays exportateur mondial de bauxite, la Guinée possède des gisements de minerai de fer, d'or, de diamant et de pétrole mais, d'après les Nations unies, plus de la moitié de ses onze millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Scrutin "dans des conditions très agitées"

S'il a refusé de se prononcer sur ces informations, le ministre guinéen de la Sécurité a estimé que les législatives prévues samedi, qui ont été repoussées plusieurs fois depuis trois ans, risquaient de se dérouler dans la violence, après une campagne marquée cette semaine par des heurts ayant fait au moins un mort et plus de 70 blessés, d'après un bilan officiel.

Le scrutin "s'annonce dans des conditions très agitées", a-t-il affirmé.

Il a mis en cause, sans les nommer, des membres de l'alliance formée autour de l'Union des forces démocratique de Guinée (UFDG, de tendance libérale), dirigée par Cellou Dalein Diallo et principale formation d'opposition au parti du président Alpha Condé, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, de tendance socialiste).

Il y a "des hommes politiques de l'UFDG qui sont à l'étranger orientent et manipulent" des membres de l'opposition, a-t-il dit, en disculpant implicitement Cellou Dalein Diallo et des chefs de partis qui lui sont alliés.

Joint par téléphone par l'AFP à l'intérieur du pays, Cellou Dalein Diallo a réagi. "Je ne me sens pas concerné. Les Guinéens sont habitués à cela. Chaque fois qu'on veut éliminer un adversaire gênant, on agite le complot", a-t-il soutenu.

Alpha Condé avait été élu au second tour de la présidentielle en 2010 face à Cellou Dalein Diallo.

Au premier tour, leur classement était l'inverse, mais au second tour, M. Condé a bénéficié du soutien de plusieurs candidats malheureux.

Ces derniers mois, la Guinée a connu plusieurs manifestations politiques qui ont dégénéré en débordements meurtriers, avec des victimes en majorité au sein de militants de l'opposition, aux termes de dures répressions.

L'histoire du pays, devenu indépendant de la France en 1958, est marquée par les violences politiques, militaires ou ethniques. Et dans certains milieux, on exprime des craintes de troubles pendant et surtout après les élections, pour lesquelles environ cinq millions de Guinéens sont appelés à choisir 114 députés.

Mais le ministre de la Sécurité a fait part de la bonne foi du gouvernement en faveur de l'apaisement. "Nous ne serons jamais une force de répression. Nous ne nous engagerons jamais dans la tuerie. C'est le piège qui nous est tendu", a-t-il assuré.

AFP

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