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Cathédrale de Bangui, le 6 janvier 2013.  REUTERS/Luc Gnago
Cathédrale de Bangui, le 6 janvier 2013. REUTERS/Luc Gnago

Centrafrique: vers une confessionnalisation de la crise?

La prise du pouvoir par la Séléka a aussi provoqué une crise qui a des relents de conflits entre chrétiens et musulmans.

Depuis le renversement de François Bozizé par les rebelles de la Séléka en mars 2013, l'Etat centrafricain brille par son impuissance. Pillages, viols, meutres ont lieu en toute impunité. Avant cet énième coup d'Etat, le pays était déjà dans une situation critique.

Les indicateurs de développements humains étaient depuis longtemps alarmants: l'espérance de vie est de 45 ans; la malnutrition touche 38% des enfants. Mais la situation empire de jour en jour. Outre la recrudescence des pillages et des règlements de compte armés, les organisations dénoncent depuis plusieurs mois la montée des violences confessionnelles, principalement à l'encontre des chrétiens.

«Si tu parles arabe, ils ne te toucheront pas»

La République Centrafricaine compte 5 millions d'habitants, dont environ 45% de protestants, 35% de catholiques et 15% de musulmans, majoritairement originaires du nord d'où vient la rébellion.

«Les combattants du Séléka tuent pour un rien, entrent dans les maisons, chassent leurs habitants et manquent de respect aux femmes dans leur intimité», confiait déjà en mai 2013 l’ancienne députée centrafricaine Béatrice Epaye.

D’après elle, les populations chrétiennes sont leurs principales cibles:

«Si tu parles arabe, ils ne te toucheront pas et les mosquées sont épargnées, mais ils profanent les églises, et des prêtres ont été blessés.»

Une accusion dont se défend le président autoproclamé  et ex-chef rebelle Michel Djotodia. Lors d'une conférence organisée en mars 2013, il rappelait le caractère «laïc» de la République centrafricaine. Avant d'ajouter:

«Je suis musulman, mais je dois servir ma patrie, tous les Centrafricains.»

Spirale dangereuse

Sur le terrain, les institutions internationales dénombrent pourtant une augmentation des violences confessionnelles, notamment à Bossangoa, dans le nord-ouest du pays.

«C'est une première dans ce pays et c'est extrêmement dangereux car une fois enclenchée, une telle spirale peut se poursuivre sur des générations», prévient la commissaire européenne chargée de la Coopération internationale, Kristalina Georgieva.

Parmi les acteurs religieux, nombreux jouent la carte de l'apaisement et du dialogue entre chrétiens et musulmans. En juin dernier, les plus hautes autorités religieuses du pays se sont réunies à Bangui pour transmettre un message de paix à la population:

«Attaquer les chrétiens est de nature à jeter le trouble», a insisté l’imam Oumar Kobine Layama.

Lu sur La Croix, Le Monde, Amnesty international

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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