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Le web algérien, un des moins sécurisés au monde

La «guerre virtuelle» se poursuit entre Algériens et Marocains. Deux sites gouvernementaux ont ainsi été piratés dans la soirée d'avant-hier. Et non des moindres : le site internet de l'ENTV, «vitrine officielle» et «porte-parole» des institutions de l'Etat, ainsi que celui de la Bourse d'Alger. Les auteurs de ce hacking semblent, selon le message affiché en accueil et relayé par divers sites d'information en ligne et autres réseaux sociaux, des pirates marocains, les «moroccan ghosts» (fantômes marocains). En plus de clamer la «marocanité» du Sahara occidental, ils mettent en garde les Algériens : «Nous resterons votre cauchemar qui attaquera vos institutions.» S'il semble que le message hostile des fantômes marocains ait prestement été supprimé de l'écran par les techniciens des deux institutions, les sites sont restés indisponibles durant de longues heures. Il n'est pas rare que des portails algériens soient hackés de la sorte, tels ceux d'El Khabar, TSA, Le Quotidien d'Oran ou encore les Douanes. Il a d'ailleurs été avancé que les sites algériens étaient quelque 100 000 à avoir essuyé ce type de piratage. Mais au-delà de ces «guéguerres» virtuelles, où il n'est question que de «planter un drapeau» ou «marquer son territoire», l'Algérie est exposée aux quatre vents d'une cybercriminalité des plus dangereuses. Et ces fréquentes cyberattaques remettent sur le devant de la scène la récurrente faille de la sécurité et de la sécurisation de l'espace cybernétique algérien. La récente opération d'inscription lancée par l'AADL en est d'ailleurs un exemple flagrant et peu rassurant. Des centaines de milliers de citoyens s'acharnaient à faire valider leur dossier, pestant contre les défaillances du serveur et du portail. Mais tel n'était pas le moindre des défauts, puisque, comme relevé par de nombreux informaticiens, le site en question n'est pas une page sécurisée. Ce qui implique que les données personnelles fournies par les souscripteurs sont envoyées au serveur sans cryptage. N'importe quel pirate aurait donc pu intercepter ces fichiers, qui comportent les informations «sensibles» de millions de personnes, les exposant aux usurpations d'identité et autres actions malveillantes. En l'absence d'application des normes en la matière, même les autorités ne se soucient pas de protéger les informations stratégiques des citoyens ou encore de l'Etat. D'ailleurs, la firme Symantec avait prévenu, à l'aune de son dernier rapport quant à la vulnérabilité des réseaux : l'Algérie est l'un des pays les moins protégés dans ce domaine. Selon ce document, elle se trouve à la cinquième place des pays africains les plus exposés aux risques de sécurité sur internet. A l'échelle mondiale des plus vulnérables, le pays se classe à la 61e place. Ce qui ne traduit pas une performance exceptionnelle dans la sécurisation de ses réseaux, mais plus simplement une utilisation non massive des nouvelles technologies. Taux de pénétration très faible, pas de 3G, e-gouvernement en berne, absence de moyens de paiement électronique, etc. Et ce n'est, pour l'heure, apparemment pas plus mal... 

El Watan

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