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L’option d’une prorogation du mandat se précise

Abdelaziz Bouteflika, qui n'a pas réuni le Conseil des ministres depuis 9 mois en raison de son état de santé, est dans l'incapacité de faire une campagne électorale durant 20 jours. Le rendez-vous électoral de 2014 sera-t-il annulé ? L'option semble être sérieuse. Les premières informations concernant le contenu du projet de révision de la Constitution confirment, en tout cas, que le président Bouteflika et son clan sont déjà à la recherche d'un artifice juridique permettant de justifier une énième violation de la Constitution afin de rester au pouvoir, au moins, pour deux années supplémentaires. Selon notre confrère El Khabar qui cite, dans son édition d'hier, «une source sûre», la première copie du projet de révision constitutionnelle élaborée par la commission, que préside Azzouz Kardoune, comprend deux questions principales : la prorogation du mandat du président Bouteflika de deux ans et la création du poste de vice-président. Selon la même source, la commission en question est confrontée, cependant, à un sérieux problème d'ordre juridique. Car la Constitution, amendée déjà en novembre 2008 pour permettre à Abdelaziz Bouteflika de briguer un troisième mandat, codifie la question de la durée des mandats présidentiels et l'élection du Président. Il y a au moins deux articles de la Constitution qui traitent de ces questions. Il s'agit de l'article 74 qui limite la durée du mandat présidentiel à 5 ans et l'article 71 qui précise que «le président de la République est élu au suffrage universel, direct et secret. L'élection est acquise à la majorité absolue des suffrages exprimés». L'éventuelle prorogation du mandat actuel devrait passer par une annulation ou une révision des deux articles en question. Comment procéder à cela ? Quel est l'argument politique et légal à avancer pour justifier une telle décision ? On n'en sait rien pour l'instant. Mais il semblerait que le respect des formes n'est pas le point fort de Abdelaziz Bouteflika. En 2008, il ne s'est pas gêné pour triturer, avec l'aval de l'armée et d'une partie de la classe politique, la Loi fondamentale et de faire sauter le verrou limitant les mandats présidentiels à deux. A cette époque, il s'était contenté de convoquer seulement les deux Chambres du Parlement pour avaliser son plan de rester à El Mouradia. Le même schéma sera reconduit encore. Sauf que, pour cette fois-ci, l'opération sera lourde de conséquences. Abdelaziz Bouteflika et ceux qui l'ont conseillé violeront la Constitution et piétineront l'un des principes de la démocratie qui est l'alternance au pouvoir. Il reviendrait aussi sur ses engagements pris devant les citoyens à deux reprises : lors de la cérémonie de son investiture quand il avait juré sur le Coran de respecter la Constitution et en avril 2011 en promettant «des réformes politiques sérieuses». Mais pourquoi l'option d'une prorogation du mandat actuel, au lieu d'une quatrième mandature ? Sa maladie et son handicap physique seraient à l'origine de cette décision. Abdelaziz Bouteflika qui n'a pas présidé le Conseil des ministres, depuis 9 mois, est dans l'incapacité de faire une campagne électorale durant 20 jours. D'où le choix de proroger son mandat actuel et la désignation d'un vice-président qui assumera les affaires courantes en attendant de trouver un successeur...

El Watan

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