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Guinée: déploiement policier

Les forces de l'ordre étaient déployées mardi dans la banlieue de Conakry après deux jours de violences qui ont fait au moins un mort et plusieurs blessés, à trois jours des législatives du 28 septembre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les policiers étaient notamment présents sur une des principales artères de la banlieue, le Boulevard Le Prince, qui traverse des quartiers réputés fiefs de l'opposition comme Hamdallaye, Dar-es-Salam et Bambéto.

"Nous sommes tranquilles et observons la situation (mais) si les forces de l'ordre nous provoquent ou nous demandent seulement de quitter le bord de la route, le bordel va reprendre", a affirmé à l'AFP un jeune.

"Nous avons décidé de respecter l'appel au calme lancé par notre président (Cellou) Dalein Diallo", a indiqué un autre.

Cellou Dalein Diallo, chef de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, parti théoriquement libéral), est le principal opposant du président Alpha Condé, chef du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG).

Des incidents dans la banlieue de Conakry entre des partisans du RPG et de l'UFDG ont fait dimanche et lundi un mort et plus de 70 blessés, selon un bilan officiel.

Lors d'une conférence de presse dans la capitale guinéenne mardi, la mission d'observation électorale de l'Union africaine (UA) a exprimé sa "préoccupation face à la persistance des tensions, des incidents et des violences" à Conakry.

5 millions d'électeurs

Cette mission de 40 observateurs a constaté des "désaccords qui n'ont pas favorisé la préparation de ces élections" et estimé que leur report est "un geste d'apaisement" permettant de "décrisper" le climat politique dans le pays, a dit son chef, Mahamadou Danda.

Le scrutin, initialement prévu ce mardi, a été reporté au 28 septembre à la suite de tractations entre le pouvoir et l'opposition sous l'égide de la communauté internationale.

L'opposition avait réclamé une réforme du fichier électoral et un nouveau découpage électoral pour rapprocher les électeurs des bureaux de vote, et réduire le nombre d'électeurs inscrits à 500 maximum par bureau de vote.

Elle soupçonne la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d'être proche du pouvoir et d'être manipulée, pour aménager le fichier électoral en faveur de la majorité et en sa défaveur dans ses fiefs.

Les législatives auraient dû avoir lieu dans les six mois suivant l'investiture, en décembre 2010, d'Alpha Condé, premier chef d'Etat démocratiquement élu de ce pays à l'histoire marquée par les violences politiques, militaires et ethniques depuis son indépendance de la France en 1958.

Pour le chef des observateurs de l'UA, le scrutin de samedi un "test de la capacité de la Guinée à organiser des élections législatives crédibles, transparentes, apaisées et inclusives".

Quelque 5 millions d'électeurs sont appelés à choisir samedi prochain leurs 114 députés sur la base de listes présentées par une trentaine de partis au total.

La Guinée, pays francophone de plus de 11 millions d'habitants, a connu ces derniers mois des manifestations qui ont dégénéré en débordements meurtriers, avec des victimes en majorité au sein de l'opposition.

 

AFP

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