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Mali: le pays consentira des "sacrifices" pour son armée selon Keïta

Le Mali consentira "des sacrifices" pour que son armée, sous-équipée et mise à rude épreuve en 2012 par des groupes islamistes dans le Nord, puisse assurer ses missions, a déclaré dimanche son président Ibrahim Boubacar Keïta, jurant que "rien ne sera de trop" pour cet objectif.

Le Mali a besoin d'"une armée mieux équipée, une armée à hauteur de souhait, une armée formée pour les missions auxquelles elle va être appelée", a déclaré M. Keïta à la télévision publique malienne ORTM, s'exprimant après la célébration officielle du 53e anniversaire de l'indépendance du pays.

"Je fais de cela une priorité absolue: que les forces armées du Mali soient dans les conditions dignes des forces armées" et pour cela, "des sacrifices (...) seront consentis. C'est le devoir de la Nation, c'est ma mission, et je l'assumerai", a-t-il dit.

M. Keïta avait auparavant assisté à la cérémonie de prise d'armes, marquée par un défilé militaire qui, a-t-il indiqué, lui a inspiré "un sentiment de bonheur, de fierté mais aussi un sentiment de l'urgence de certaines bonnes décisions" à prendre.

Il a rendu hommage à tous les membres des forces de défense et de sécurité du Mali, saluant particulièrement "tous ceux-là qui servent le pays dans des conditions dont vous n'avez pas idée, ceux qui sont aujourd'hui dans le Nord".

"Pour eux, rien ne sera de trop. J'en prends l'engagement solennel ici, aujourd'hui, et cela sera fait dans les meilleurs délais +inch'Allah+ (si Dieu le veut)", a-t-il poursuivi.

Le Mali a connu 18 mois de crise politico-militaire, dont l'épilogue a été l'élection présidentielle de juillet-août remportée par Ibrahim Boubacar Keïta.

Les soubresauts avaient débuté avec une offensive lancée en janvier 2012 dans le Nord par des rebelles touareg ensuite supplantés par des groupes criminels et islamistes armés liés à Al-Qaïda, qui ont pris le contrôle des deux tiers du pays peu après un coup d'Etat militaire le 22 mars 2012.

En janvier 2013, la France s'est engagée militairement au Mali contre les groupes jihadistes, chassés du Nord avec l'aide du Tchad et de troupes d'autres pays africains.

Sous-équipée, l'armée malienne avait connu une débâcle face à ses adversaires, particulièrement des jihadistes dotés d'armes lourdes venant de Libye. Elle a redressé la tête avec l'appui des troupes alliées.

Depuis avril 2013, elle bénéficie d'une formation d'instructeurs européens, mission d'un mandat initial de 15 mois expirant en mars 2014.

Le 17 septembre, le commandant de la mission, le général Bruno Guibert, a souhaité sa prolongation d'un an afin de permettre au Mali d'être pleinement capable d'assurer sa sécurité face à la menace jihadiste.

La prise d'armes pour le 53e anniversaire de l'indépendance du Mali s'est déroulée en présence du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui représentait son pays.

M. Le Drian doit visiter lundi le camp des instructeurs européens, situé à Koulikoro (environ 60 km au nord de Bamako).

Dimanche après le défilé, il s'est rendu à Gao (nord-est), principal point d'ancrage des forces françaises de l'opération Serval (quelque 3.200 militaires français sont encore présents au Mali).

Dans la ville, il a rencontré des responsables de force de l'ONU Minusma, de l'armée malienne, assurant que "la France restera au côté du Mali le temps qu'il faudra".

"Sur le terrain, nos troupes continuent à découvrir des caches d'armes, de munitions. Ce qui prouve que les jihadistes ont un arsenal important", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

AFP

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