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Provocations des salafistes

Une rumeur a été propagée, la semaine dernière, par un groupuscule de salafistes d'Aghribs, chef-lieu de commune situé à 45 km au nord-est de Tizi Ouzou, faisant croire qu'un rassemblement et une marche allaient être organisés au village vendredi 20 septembre, après la prière collective, avec le soutien de comparses venus d'autres régions du pays. Ballon-sonde ou défi, comme lors du lancement de leur projet, vers 2009, de seconde mosquée, et ce, contre le gré de toute une population, en entamant des travaux sur l'aire de l'ancien souk hebdomadaire du vieux village, à proximité de l'édifice religieux de Sidi Djaffar qui venait d'être restauré, suivant le souhait des habitants. Finalement, ce n'est que du bruit sans effet, puisqu'il n'y a pas eu d'apparition du moindre élément de ce groupuscule. Ainsi, avant d'accomplir la prière collective dans leur mosquée fétiche, les villageois, sous la conduite de l'imam et de leur comité, ont, dès le matin, rejoint le site de Sidi Djaffar, où ils ont mis à profit cette journée pour organiser, comme à leur habitude, un volontariat de nettoyage du cimetière et de déblaiement des ruelles. A rappeler que cette tentative de «remue-ménage» intervient après des provocations et des menaces, la semaine dernière, de la part desdits individus contre des habitants. Ce qui a contraint le comité du village à réagir par une déclaration condamnant de tels agissements. Dans ce document rendu public, le comité du village a dénoncé «les provocations, menaces de mort et voies de fait de la part d'un groupe de salafistes dans le village, connus de la justice et des services de sécurité». Devant «la démission et la passivité des pouvoirs publics», ajoute la déclaration, et «après des dizaines de plaintes de citoyens mais demeurées sans suite, ces islamistes d'un temps nouveau persistent dans leurs agissements en commettant des exactions gravissimes sur des villageois». En quelques mois, rappelle le comité du village, «il y a eu des attaques ayant provoqué de sérieuses blessures à des habitants. En plus de menaces contre les élus de la commune, ces individus ont même organisé un faux barrage à l'entrée du village pour intercepter un citoyen, qui a réagi aux insultes de l'un d'entre eux. Les services de l'Etat ont été alertés à maintes reprises mais sans que ceux-ci daignent réagir». Pour rappel, en 2009-2010, un groupe d'une quinzaine de salafistes avait tenté d'implanter, à quelques mètres seulement de la mosquée de Sidi Djaffar, alors en restauration, une «mosquée» propre à eux. Usant de subterfuges divers en agissant au nom de l'association religieuse et du comité de village et avec des financements de milieux occultes, selon des membres du comité au fait de l'histoire, ce groupuscule voulait imposer sur le même site son projet de mosquée, qualifié par les villageois de «véritable hôtel (R+6) pour des salafistes de tous bords» au c½ur d'Aghribs. Des rencontres de dizaines de comités de villages de la municipalité, ainsi que ceux de nombreuses autres régions de la wilaya, ont eu lieu sur place pour tenter de mettre fin, à l'amiable, à ce projet mitonné par une quinzaine de barbus. En vain, malgré son rejet par la majorité des citoyens de la contrée des Ath Jennad, d'Iflissen, d'Ath Ghobri... Devant l'entêtement des promoteurs du projet, qui poursuivaient, même de nuit, leurs travaux, les villageois ont réagi en démolissant piliers et plateforme avant de récupérer le terrain. En août 2010, rappelons-le encore, des milliers de citoyens, des représentants de comités de village venus de plusieurs régions de Kabylie, les autorités locales, des responsables de wilaya, des affaires religieuses et de zaouïas de la région ont pris part alors à l'inauguration de la mosquée de Sidi Djaffar, qualifiée de «joyau» à l'issue de sa restauration. La fête avait été couronnée par une grandiose waâda offerte en l'honneur des citoyens et à la gloire du saint aïeul Sidi Djaffar. Cependant, ces derniers temps, indiquent des villageois, il y a des agitations de la part de «nostalgiques d'un projet d'hôtel salafiste au c½ur d'Aghribs», qui veulent revenir à leur remue-ménage, avec des menaces et provocations, ignorant certainement que ce village a toujours «prouvé par le passé qu'il pouvait défendre ses enfants et son honneur». Et de souligner dans ce contexte que «ni les milliards déversés par la pègre, ni l'irruption de complices étrangers, ni le laxisme des autorités n'ont pu venir à bout de la solidarité et de la détermination des enfants de Sidi Djaffar, qui ont de tout temps défendu les leurs dans toutes les prisons d'Algérie, luttant alors pour la liberté et la dignité...». Aujourd'hui, ajoute le même document, «les agressions ont atteint, par leurs répétition et gravité, un niveau critique. Les villageois ne peuvent tolérer plus longtemps des actes indignes contre nos traditions et qui violent la loi en attentant à la sécurité des citoyens. L'absence des autorités devant ces délinquants est inadmissible. Elle serait, si elle venait à se prolonger, considérée comme une complicité avec ceux qui ont la prétention, ou, probablement, la mission de soumettre la Kabylie», dénonce le document du comité du village, prévenant que «ce n'est pas par Aghribs que passera ce funeste dessein». A rappeler, par ailleurs, qu'un projet d'une grande mosquée est d'ores et déjà lancé sur une assiette de 8000 m2 dégagée par la municipalité au chef-lieu de la commune, Agouni Oucherki, pour un coût de 9,3 milliards de dinars.

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