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Tunisie: des campagnes d'information contre le "jihad du sexe"

Le ministère tunisien de la Femme a prévu des campagnes de sensibilisation pour lutter contre "la multiplication" du nombre de Tunisiennes partant en Syrie pour y faire "le jihad du sexe" et se soumettre aux désirs des combattants islamistes.

"Le ministère va ½uvrer pour mettre en place un plan d'information, de sensibilisation et d'éducation adressé aux femmes et familles dans toutes les régions pour les aviser de la gravité de ces pratiques", a indiqué le ministère samedi dans un communiqué, indiquant par ailleurs qu'une "cellule de crise" existait déjà.

Si le ministère a constaté une "multiplication du nombre de jeunes femmes partant pour le soi-disant jihad al-nikah" (guerre sainte du sexe en arabe), il n'a pas apporté de précision sur le nombre de cas constatés.

Le jihad al-nikah, permettant des rapports sexuels hors mariage avec des partenaires multiples, est considéré par certains dignitaires salafistes comme une forme légitime de guerre sainte.

Le ministère de la Femme "a l'intention de renforcer sa coopération avec les structures gouvernementales et non-gouvernementales qui s'occupent de cette question pour trouver des solutions appropriées afin de contrecarrer les plans de ceux qui encouragent ces pratiques", a-t-il poursuivi.

Le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou a soulevé ce sujet devant les députés cette semaine mais il n'a pas non plus apporté de précisions sur l'ampleur du phénomène. 

La presse évoque des centaines de cas de ce type, tout comme des centaines d'hommes sont partis combattre les troupes du président syrien Bachar al-Assad.

M. Ben Jeddou a estimé que depuis sa prise de fonction en mars, "6.000 de nos jeunes ont été empêchés d'aller" en Syrie.

Le ministère de l'Intérieur a récemment admis avoir renforcé les contrôles dans les aéroports pour empêcher le départ de femmes et d'hommes suspectés de vouloir rejoindre la Syrie.

Des milliers de Tunisiens ont rejoint, via la Turquie ou Libye, les rangs des jihadistes ces quinze dernières années à travers le monde, en Afghanistan, en Irak et désormais en Syrie.

Le chef d'Ansar Ashariaa, principal mouvement jihadiste en Tunisie, Abou Iyadh, est ainsi un vétéran de l'Afghanistan. Il co-dirigeait le groupe responsable de l'assassinat le 9 septembre 2001 du commandant Massoud, chef de la rébellion anti-talibans.

AFP

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