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vers un blocage de la pêche

Les marins pêcheurs donnent un ultimatum au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, pour mettre un terme  à ce qu'ils qualifient de «pressions insoutenables». Les marins pêcheurs se plaignent d'un manque flagrant de soutien de l'Etat au secteur qui se débat dans des problèmes multiples. Réunis jeudi dernier dans le port de Mostaganem en présence de Hocine Bellout, le président du Comité national des marins pêcheurs, venu spécialement de Skikda, les armateurs de Mostaganem ont lancé un véritable ultimatum au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, l'interpellant à mettre fin aux pressions insoutenables que subissent les opérateurs du secteur de la pêche. Après avoir rappelé l'état lamentable, «digne de Calcutta», selon les termes de Hocine Bellout, dans lequel se trouve la cale de hallage de Mostaganem, l'orateur fera un bref aperçu sur l'état du secteur, insistant plus particulièrement sur la baisse drastique des captures. Prenant la parole, un armateur martèlera que les statistiques élaborées par la direction de la pêche sont fausses et incomplètes du fait que les agents chargés de cette opération ne sont que très rarement présents lors de l'arrivée des navires. Un autre dira avec véhémence que toutes les statistiques sont fausses, ajoutant doctement que, selon les opérateurs et les associations, le tonnage réel des captures, toutes espèces confondues, ne dépasse guère 72 000 t/an, alors que pour le ministère de tutelle, le tonnage officiel serait de 120 000 t/an, soit un écart de 48 000 t. C'est cet écart qui serait à l'origine de la situation que dénoncent les armateurs puisque, selon les participants, ce sont ces statistiques qui servent de base de calcul à la direction des impôts, d'où la sourde colère des armateurs qui dénoncent à la fois leur tutelle mais aussi la DCP qui imposent l'usage de caisses en plastique de mauvaise qualité alors que les voisins d'Arzew continuent d'utiliser les caisses en bois. Pièces de rechange introuvables Les directeurs des entreprises de gestion des ports de pêches ont également été mis à l'index par les intervenants qui dénoncent l'attribution des postes à quai, l'absence d'éclairage public, d'eau potable, de commodités et une insécurité qui a fait que «certains ports sont devenus des zones de non-droit où se vendent de la drogue et de l'alcool». Un ancien patron de pêche a rappelé qu'Ahmed Benfréha a été le seul ministre à avoir réellement soutenu le secteur, soulignant qu'à son époque, le chantier naval de Mers El Kébir fabriquait des bateaux comme Sabra et Chatila qui sont encore visibles sur le terre-plein de Mostaganem, dont on doit être fiers, contrairement à ceux ramenés de Turquie ou d'Espagne et distribués à des intrus au secteur. Abondant dans le même sens, Hocine Bellout dénoncera «la complicité qui aura permis à des non-spécialistes d'importer des navires en recourant à une surfacturation», soulignant qu' «en réalité, les chalutiers qui sont facturés à 12 milliards ne coûtent que 6 milliards». Et d'ajouter : «Dans la plupart des cas, la puissance des moteurs n'excède pas les 300 CV alors que la puissance nécessaire est d'au moins 600 à 700 CV.»   L'indisponibilité des pièces de rechange a également été mise en exergue par plusieurs intervenants dont certains regrettent la dissolution de l'Ecorep, ce qui pousse les opérateurs à aller en Tunisie, en Espagne ou en France pour s'approvisionner. Les tracasseries, voire parfois le mépris que rencontrent les gens de mer avec les autorités, sont également dénoncées par un jeune armateur qui exige «l'élaboration d'une carte magnétique pour l'ensemble des armateurs qui sont des opérateurs économiques à part entière et dont le seul capital se trouve dans l'enceinte portuaire». Rappelant que le port de Mostaganem avec plus de 340 armateurs, 6000 marins pêcheurs, dont 4000 en activité, a toujours été à l'avant-garde des revendications du secteur. Les participants à cette rencontre demandent à bénéficier de l'effacement de la dette à l'instar des paysans et des 14 pays Africains dont l'Etat Algérien vient d'annuler la dette.En outre, ils en appellent «au Premier ministre et au ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques afin que les acteurs du secteur que sont les marins pêcheurs et les armateurs aient droit à plus de considération et que les contraintes soient levées dans les plus brefs délais. A défaut, nous ferons comme en 2007. Dans 15 jours si rien n'est fait pour ouvrir un dialogue responsable et prendre des décisions urgentes. Nous bloquerons l'activité des 14 ports nationaux et ce seront encore une fois les opérateurs de Mostaganem qui donneront le signal d'une grève illimitée».  

El Watan

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