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Crise au sein de la LADDH : Kamel Daoud répond

En lisant vos dernières accusations publiques parues dans El Watan, j'ai été à la fois choqué et atterré. Vous n'aviez pas le droit ! Vous n'aviez pas le droit d'accuser publiquement, une fois de plus, le président Bouchachi : il avait choisi librement sa voie en rejoignant le FFS. Il en avait le droit et, dans ses activités de militant des droits de l'homme, depuis de nombreuses années  il avait fait honneur à cette LADDH dont vous avez été membre fondateur, parmi d'autres, car vous n'étiez pas le seul à l'incarner. Vous n'aviez pas non plus le droit de faire un procès public au président Benissad : il a pris une succession difficile avec sa courtoisie, son respect des partenaires mais aussi avec sa détermination dans le combat pour la défense des droits de l'homme. Je témoigne qu'il a été plus qu'un avocat au sein de notre organisation, il est un vrai militant des droits de l'homme. On n'a pas le droit de douter de ses convictions. Vous avez cru bien faire en écoutant des individus qui se disent syndicalistes et sont en réalité des agitateurs professionnels qui ont pour seul objectif : casser toutes les initiatives de faire avancer la cause des droits de l'homme et de la démocratie. Nous avons eu le temps de les expérimenter et, de plus, ils ont un passé. Ils ont hélas trouvé auprès de vous une oreille complaisante qui vient de montrer par ce dernier texte sa méconnaissance des mutations profondes de la société algérienne, une société inquiète, à l'écoute des révolutions arabes, dans l'ambiance de dictature menée par un potentat handicapé qui n'a plus tous ses moyens intellectuels. Monsieur le président d'honneur, nous ne sommes plus le 1er Novembre 1954. Les méthodes de lutte pour les droits de l'homme et de la démocratie ne sont plus dans la violence physique ni verbale. Les militants des droits de l'homme tentent d'être au plus près des préoccupations de la population en étant sur le terrain «au ras des pâquerettes». Comme la démocratie, comme le respect des droits de l'homme, la construction de l'Etat de droit demande un effort soutenu, un combat permanent face au pouvoir, une organisation solide qui dépasse les minables conflits de personnes dans lesquels des aventuriers tentent de nous entraîner. Monsieur le président d'honneur, nous continuerons d'être à l'écoute de vos remontrances, même quand elles sont véhémentes voire gratuitement méchantes, comme nous continuerons d'être à l'écoute de vos conseils. Pour le plus grand bien de la LADDH et de la cause qu'elle défend : le respect des droits de l'homme, universels et pour tous. Avec mon respect que je garde intact pour vous. Professeur Kamel Daoud Professeur de chirurgie en retraite Vice-président de la LADDH Annaba, 18 septembre 2013

El Watan

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