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Egypte: al-Sissi ne dit rien sur sa candidature

Se présentera-t-il à la présidentielle promise en 2014 en Egypte? La question est sur toutes les lèvres mais le général Abdel Fattah al-Sissi, nouvel homme fort du pays et chef de la toute-puissante armée garde le silence le plus total.

La Constituante n'a pas encore statué sur le futur régime qui sera adopté --présidentiel, parlementaire, semi-présidentiel-- mais dans la presse fleurissent déjà spéculations et analyses sur une candidature Sissi.

Le 3 juillet, c'est ce militaire de carrière de 58 ans qui était apparu à la télévision pour annoncer la destitution du président islamiste Mohamed Morsi. Il avait alors dit agir pour répondre aux millions de manifestants descendus dans les rues quelques jours plus tôt pour réclamer le départ du premier président élu démocratiquement du pays, arrivé à la magistrature suprême tout juste un an auparavant.

Depuis, les pages Facebook appelant le chef de l'armée --qui est par ailleurs vice-Premier ministre et ministre de la Défense du gouvernement-- à se présenter à la présidentielle ne cessent de se multiplier, tandis que ses portraits s'étalent partout.

Mais, note Abdallah al-Sennaoui, éditorialiste au quotidien privé Al-Chourouq, "qu'il se présente ou non, dans les deux cas, nous faisons face à un problème".

Une candidature Sissi "serait le choix populaire d'un homme fort mais cela renforcerait l'idée d'un coup d'Etat militaire soutenue notamment par les Frères" musulmans, mouvement islamiste dont est issu M. Morsi, explique-t-il.

A l'inverse, "il est clair que le général Sissi bénéficie d'un grand soutien au sein de l'armée, des services de sécurité et de l'appareil d'Etat, ce qui le rend puissant. Si un autre est élu, on court le risque de se retrouver avec un Etat bicéphale", dit-il.

Dans le même temps, "sur le terrain, des forces, Frères musulmans en tête, chercheront à contrecarrer le futur président, quel qu'il soit. Celui-ci aura alors besoin du soutien de l'armée, ce qui affaiblira l'exécutif. La question dépasse la personnalité de Sissi, elle touche à la structure même du régime", estime-t-il.

Dans un pays où l'armée a fourni tous les présidents --à l'exception de M. Morsi--, le chef de l'armée et le chef de l'exécutif devront dans tous les cas "coexister", souligne le politologue Moustapha Kamel el-Sayyed.

D'autant que, "le prochain président ne devrait pas avoir d'incidence sur les privilèges de l'armée" dont le budget est actuellement protégé par la Constitution, affirme M. Sayyed.

"Il est réaliste de penser que l'armée continuera de jouer un rôle, tandis que le général Sissi conservera une influence, notamment en matière de sécurité nationale", dit-il, faisant notamment référence à la recrudescence des attaques, notamment dans le Nord-Sinaï.

C'est justement pour cette raison, que certains l'appellent d'ailleurs à ne pas se présenter.

Ahmed Taha, du quotidien privé Al-Youm al-Sabaa, invite ainsi à "le laisser à ses devoirs sacrés" de militaire.

"Sa présence à la tête de l'armée est bien plus importante qu'à la tête de l'Etat car les dangers qui menacent la nation (...) demandent le renforcement des capacités de l'armée (...) et cela n'arrivera que si quelqu'un comme Sissi la dirige", estime M. Taha.

Pour les journalistes et les experts qui l'ont récemment rencontré, le général Sissi "n'a pas l'intention" de se présenter.

M. Sennaoui rapporte à l'AFP qu'il aurait même affirmé qu'il "ne se présenterait pas même si des millions" de manifestants descendaient dans les rues.

Malgré tout, déjà trois candidats malheureux à la présidentielle de 2012 --la première après trois décennies de règne sans partage de Hosni Moubarak renversé dans le tumulte du Printemps arabe début 2011-- ont promis de s'effacer si le général Sissi se présentait.

Amr Moussa, ancien chef de la diplomatie de Moubarak, Ahmed Chafiq, dernier Premier ministre du raïs déchu et Hamdeen Sabbahi, nationaliste arabe et figure de la gauche, ont dit agir ainsi car le général était "le plus populaire".

"Aujourd'hui, les Egyptiens attendent de leur futur président qu'il soit capable de prendre des décisions fermes quelles qu'en soient les implications politiques", a ainsi noté M. Moussa dans un entretien à Al-Chourouq, qualifiant le général Sissi d'"homme le plus populaire d'Egypte".

M. Sabbahi a, lui, vu dans l'actuel ministre de la Défense, un "héros populaire", tandis que M. Chafiq, qui s'était maintenu en 2012 au second tour contre M. Morsi, affirmait à la télévision privée Dream 2 que le général Sissi aurait "la priorité absolue".

Le "héros populaire", lui, est resté silencieux, ne laissant échapper qu'une allusion dans un rare discours le 24 juillet. "L'honneur de réaliser la volonté populaire est plus grand que celui de diriger l'Egypte", a-t-il dit, faisant visiblement allusion aux manifestations monstres du 30 juin.

AFP

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