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L’UGCAA appelle

«L'Algérie est le seul pays au monde où il faut obtenir une autorisation pour investir», dénonce M. Laribi, directeur général du groupe Cophyd. Les banques algériennes sont en dessous de toute performance. Elles ne peuvent prendre aucun risque, ni avec des sociétés publiques ni avec des sociétés privées», déplore Hakim Laribi, directeur général du groupe Cophyd. Ainsi, l'invité de l'UGCAA, l'aile Boulenouar, a dressé un tableau noir sur la réalité de l'investissement en Algérie. Et de constater : «Les responsables des banques publiques se retrouvent pour la moindre erreur de gestion en prison. Si M. Sellal dit ne pas avoir peur, il faut qu'il nous en donne la preuve.» «Libérez ces jeunes cadres qui sont emprisonnés pour rien», lance-t-il à l'adresse du Premier ministre. A ce propos, M. Laribi appelle à la promulgation des textes d'application de la loi sur la dépénalisation de l'acte de gestion. En l'état actuel, «ce sont les banques privées étrangères, installées en Algérie, qui font des affaires et gagnent beaucoup d'argent», fait-il remarquer. A l'occasion de la tenue de la tripartite, Hakim Laribi appelle à la révision des charges patronales et les ramener à 9% au lieu de 26%. «La tripartite discute sur la base d'un pays qui a une économie. L'Algérie a transbordé en 25 ans ses métiers, son savoir-faire, ses productions vers l'importation», regrette cet opérateur économique qui invite les candidats à l'élection de 2014 à axer leur programme de la campagne sur des plans essentiellement économiques. «L'Algérie est le seul pays au monde où il faut avoir une autorisation pour investi », dénonce M. Laribi qui critique le rôle du Conseil national d'investissement (CNI). Pour sa part, Hadj Tahar Boulenouar, porte-parole de l'UGCAA, exprime le rejet de cette organisation professionnelle pour la revendication des augmentations des salaires à l'heure actuelle, estimant que cela ne contribuera aucunement à la baisse du pouvoir d'achat. Au sujet de l'autorisation pour les importations, le porte-parole de l'UGCAA considère l'adoption de cette mesure lors de la prochaine tripartite comme un encouragement à la création des centres de monopole sur des produits importés, et ce monopole se répercute forcément sur la hausse des prix de ces produits.  Concernant le retour du crédit à la consommation, M. Boulenouar exprime sa volonté de le voir porté sur les médicaments produits localement au lieu de l'axer uniquement sur l'électroménager. Par ailleurs, Saïd Mezzi, membre de la Chambre de commerce et de l'industrie d'Alger qui évalue les précédentes tripartites, a déclaré : «Le but de la tripartite est d'assurer une stabilité pour pouvoir assurer le développement économique. Je ne pense pas que nous sommes arrivés à ces résultats au cours des différentes tripartites précédentes puisque, aujourd'hui  il n'y a pas de développement économique.» En ce qui concerne les autorisations d'importation, M. Mezzi reste sceptique. «Nous avons déjà vécu cela avec les fameuses AGI (autorisation globale d'importation). C'était les bousculades dans les chambres de commerce  et le piston a fait le reste», témoigne-t-il. M. Mezzi estime que les chambres de commerce ne sont pas préparées pour assurer ce rôle. «La chambre de commerce n'a pas le personnel qualifié pour faire ce genre d'opérations», avoue M. Mezzi. De plus, «la fameuse loi de 2009 n'a jamais été un frein pour l'importation. Cette loi a été bénéfique pour les exportateurs étrangers vers l'Algérie», assure-t-il.