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Mur tagué d'une maison appartenant à Imed Trabelsi, neveu de Ben Ali, 22 janvier 2012, Tunis / REUTERS
Mur tagué d'une maison appartenant à Imed Trabelsi, neveu de Ben Ali, 22 janvier 2012, Tunis / REUTERS

La nouvelle révolution tunisienne est artistique et créative

Réseaux sociaux, panneaux d'affichages et murs d'immeubles sont les nouveaux supports d'expression des Tunisiens contestataires.

La révolution tunisienne a libéré les paroles mais aussi les pinceaux. Les murs de Tunisie, réels et virtuels, se recouvrent d’inscriptions choc et de slogans contestataires depuis le 14 janvier 2011. Nawaat décrypte ce phénomène de «rébellion graphique».

«All Cops are Bastards», «Liberté». Les tags relevés par Nawaat dans les villes tunisiennes expriment les désillusions post-révolutionnaires des jeunes du pays:

«Les murs véhiculent un message. C’est comme un tableau accessible pour tout le monde, gratuitement et directement dans la rue», explique Skander Beldi, interrogé par Nawaat. Ce dessinateur, plus connu sous le pseudo «Flask», travaille pour le site satirique collaboratif Yaka, créé en octobre 2011.

Aux murs des villes, Flask préfère les murs virtuels des réseaux sociaux, indique le site. Il publie des dessins sans concessions envers le parti au pouvoir. Pour lui, «c’est un moyen de lutter contre la censure et la bêtise des politiciens».

Oussema Bouagila, fondateur du collectif de graffeurs Zwewla («Les misérables»), tague le «Z» de son mouvement aux quatre coins du pays, ajoute Nawaat. Etudiant en droit accumulant les petits boulots, il représente cette génération diplômée mais déçue de la société. Avec ses slogans, il veut mettre en lumière les préoccupations quotidiennes des Tunisiens, explique l’article.

Solidarité et subversion

Les tagueurs ainsi lancés «à la conquête de l’espace public» utilisent des supports différents, ne viennent pas des mêmes bords et ne partagent pas les mêmes opinions —«Même les salafistes taguent!», souligne Flask. Mais ils forment une communauté solidaire et subversive, observe l’article.

Ensemble, ils se mobilisent quand l’un d’entre eux est menacé par la justice, analyse le site. Lorsqu’Oussema Bouagila est arrêté en novembre 2012 à Gabès pour «diffusion de fausses informations» et de «violation de l’Etat d’urgence», la campagne de mobilisation «Free Zwewla» fait reculer les autorités, qui l’acquittent pour ces deux chefs d’inculpation, note Nawaat. Oussema ne doit finalement payer que 100 dinars d’amende pour avoir écrit sur un bâtiment public, précise l’article.

Face aux atteintes répétées à la liberté d’expression,  ces artistes veulent «exercer leur art librement, trop longtemps enfoui par peur de la répression», selon Nawaat. Et insuffler l’esprit d’une «Tunisie nouvelle» par leurs créations:

«On ne doit pas céder face à l’obscurantisme. On doit stopper cela par la création. Il faut des réalisateurs, des écrivains, des dessinateurs, des tagueurs. Ce n’est pas le moment de se taire», conclut Flask.

Lu sur Nawaat

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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