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Lorsque le parrainage politique prime sur la compétence

Des ministres partis en léguant des contentieux ingérables, d'autres, connus pour leur mauvaise gouvernance, nommés à des missions encore plus importantes que celles où ils ont failli. C'est la lecture que beaucoup ont faite du dernier remaniement ministériel, dont le retour de Tayeb Belaïz. Agé de 65 ans et natif de la ville de Maghnia, wilaya de Tlemcen, Belaïz ne s'attendait certainement pas à un costume aussi important que celui de ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, alors que sa gestion du secteur de la Justice, notamment sur le plan de la réforme de la justice, faisait l'objet de critiques les plus acerbes, y compris de son entourage immédiat. Licencié en droit, Belaïz a rejoint le corps de la magistrature après avoir fait un petit passage dans les services de l’Intérieur. Vers la fin des années 1990, il fait partie de la commission de réforme de la justice mise en place par le président Bouteflika et présidée par feu Mohand Issad et moins de deux ans plus tard (2002) et sur recommandation de feu Ahmed Ben Bella, il est nommé ministre de l'Emploi et de la Solidarité, puis propulsé, un an plus tard, ministre de la Justice. En 2004, il dirige l'opération «justice de la nuit», pour éliminer de l'échiquier politique la tendance FLN qui soutenait Ali Benflis, candidat à l'élection présidentielle. Des recommandations de la commission de réforme pour une justice indépendante, aucune ne passe. Durant son règne, plus de 600 magistrats ont été révoqués, dont plus de 70% pour des considérations politiques ou règlements de comptes et la corruption dans les rangs (de la magistrature) ne cesse de se propager. Lors du procès de l'affaire El Khalifa Bank, en janvier 2007, un des accusés fait des révélations fracassantes : Tayeb Belaïz aurait reçu d'importantes sommes d'argent de la part de Abdelmoumen Khalifa. Ces sommes auraient transité par l'agence El Khalifa Bank de Koléa, dont le directeur est le seul parmi tous les autres directeurs d'agence à avoir bénéficié d'un non-lieu, en dépit du trou financier révélé par une expertise financière. Pendant ce temps, la grogne dans les rangs des juges monte. Lors des réunions du Syndicat des magistrats (SNM), les critiques deviennent de plus en plus nombreuses. La tension monte dans les tribunaux et les cours. En 2011, le nom du fils du ministre est cité dans une très grave affaire de drogue. Publiquement, il nie en parlant d'homonymes. Cependant, des sources judiciaires affirment le contraire. Quelques mois plus tard, le dossier est «clôturé» par la Cour suprême. En mars 2012, Belaïz est nommé à la tête du Conseil constitutionnel. Il laisse derrière lui une situation des plus contestées, au point de faire dire à Djamel Aïdouni, secrétaire général du SNM, lors d'une conférence de presse : «Il nous faut 10 ou 15 ans pour assainir le contentieux laissé par Belaïz.» Pour les professionnels du droit, l'Algérie est passée à côté de la réforme judiciaire telle que conçue par la commission Issad. Le bilan de Belaïz est peu reluisant. Mais au Conseil constitutionnel, il a une mission : celle de valider les résultats des élections législatives de mai 2012 que certains accusent d'avoir manipulé. Le 11 septembre 2013, et alors que tout le monde le considérait «bien installé dans une voie de garage», Tayeb Belaïz reprend son costume de ministre. Et quel ministre ! Celui de l'Intérieur et des Collectivités locales dont dépendent 200 000 policiers, plus de 100 000 pompiers, autant de gardes communaux, mais aussi celui qui organisera les prochaines échéances électorales, à savoir le référendum sur la révision constitutionnelle et l'élection présidentielle d'avril 2014. Il est tout de même inadmissible qu'aucun ministre n'ait été tenu de rendre des comptes sur sa gestion. Beaucoup ont laissé derrière eux des secteurs sinistrés. Nous citerons le cas de Abdelaziz Ziari, ministres de la Santé, qui n'arrivait même pas à assurer le minimum aux malades algériens, auxquels il offrait des mouroirs en guise d'hôpitaux, en dépit des budgets colossaux dépensés par l'Etat pour la santé. Nous citerons aussi Cherif Rahmani, parti sans être comptable de sa gestion. Il est passé de l'Environnement à l'Industrie, des départements aux problèmes de plus en plus inextricables. Une pollution de plus en plus menaçante et une petite industrie phagocytée par l'import-import et par des pseudo-investissements parrainés venus des pays du Golfe. C'est le cas aussi du ministre de l'Enseignement supérieur, Harraoubia, qui a montré son incapacité à régler les problématiques de surcharge des amphis, des mauvaises conditions d'hébergement, de transport et d'absence de documentation.

El Watan

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