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L’industrie otage de l’instabilité

La rencontre tripartite qui doit se tenir à la fin du mois en cours est censée tenir lieu de grand-messe de l'industrie. Du moins selon les annonces officielles, réitérées à satiété ces quelques derniers mois. A la clé, promet-on, une vaste stratégie, déjà toute prête, pour industrialiser l'Algérie, relancer quelques segments viables de son économie hors hydrocarbures et ouvrir la voie à des partenariats public-privé de sorte à faire naître de nouvelles entités de production. En tout, avance-t-on du côté des organisations patronales conviées à la messe de Djenane El Mithak, ce sont quelque 94 propositions et donc autant de démarches qui sont conçues par le gouvernement pour relancer l'investissement et l'industrie nationale, de préférence avant que le gonflement des importations ne vienne à remettre définitivement en cause la bonne tenue des indicateurs macroéconomiques du pays. Que d'intentions louables ! Sauf que, avant même que toute cette nouvelle stratégie soit officiellement dévoilée et avalisée par le partenaire social et le patronat, le ministre, qui en faisait campagne depuis quelque mois, est soudainement remplacé par un autre. Sans égard aucun aux quelques agendas ou échéances économiques importantes ni surtout aux impératifs de visibilité qui conditionnent les choix des investisseurs. De ce point de vue, des communautés d'affaires étrangères s'interrogent déjà sur la conduite à tenir face à un pouvoir politique qui annonce l'ouverture de tant de chantiers économiques, mais dont l'édifice institutionnel reste aussi  instable et flou que les critères qui président aux choix des hommes qui le représentent. Pour le cas de l'industrie et de la nouvelle politique qui devrait être mise en ½uvre en vue de sa relance, le gouvernement a annoncé, entre autres démarches, une série de mesures pour améliorer le climat des investissements. Est-il vraiment besoin d'entendre quelque chose à l'économie pour savoir qu'aucun climat ne peut être propice aux affaires sans une stabilité avérée des institutions, des lois et des politiques économiques ? Plan de relance de l'industrie, projets d'investissement avec des partenaires étrangers dans l'automobile, la pharmacie, la pétrochimie... autant de chantiers mis pendant un temps sous la responsabilité d'un ministre pour être inopinément confiés à un autre, avant même d'en finaliser les négociations et d'en fixer les objectifs et les échéances. Les changements récurrents de ministres, les remaniements incongrus et les pérégrinations de personnels politiques d'un département ministériel à un autre ne sont guère faits pour donner un signal favorable aux investisseurs.  Presque encore nouveau, le gouvernement Sellal vient tout juste d'être rénové et devra sans doute être changé à nouveau dans quelques mois. Etant donné qu'en Algérie, l'Etat demeure un acteur économique majeur, un potentiel investisseur étranger est donc réduit à être balancé d'un interlocuteur à un autre et même à revoir à chaque fois les termes de ses projets ; de même que les feuilles de route économiques sont à chaque fois réinitialisées. Au bout, une absence totale de lisibilité et de cohérence, des annonces de stratégies d'industrialisation et de diversification économique auxquelles personne, ou presque, n'accorde de crédit et, au grand dam des générations futures, un confinement sempiternel du pays dans un modèle économique précaire de rente pétrolière.

El Watan

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