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Législatives en Guinée: l'opposition reporte sa manifestation

L'opposition guinéenne a annoncé mardi à Conakry sa décision de reporter sa manifestation programmée jeudi pour dénoncer les mauvaises conditions de préparation des élections législatives prévues dans une semaine, le 24 septembre.

"Nous avons décidé de reporter notre marche de protestation initialement prévue jeudi à la demande des partenaires techniques et financiers de la Guinée, notamment les ambassadeurs de France et des Etats-Unis pour la paix sociale dans notre pays", a déclaré à l'AFP Mme Zalikatou Traoré, une responsable du Parti de l'espoir pour le développement national (PEDN) de l'ex-Premier ministre Lansana Kouyaté.

Cette décision intervient au lendemain de heurts entre opposants et militants du parti au pouvoir, qui ont fait plusieurs blessés légers à Conakry, d'après des sources policières et médicales, premiers incidents violents depuis le début de la campagne électorale, ouverte le 23 août et qui doit prendre fin le 22 septembre.

Selon Mme Traoré, qui s'exprimait au nom de l'opposition, la décision a été prise à l'issue d'une réunion ayant regroupé mardi après-midi à Conakry des responsables des principaux partis de l'opposition, dont les ex-Premiers ministres Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, et des représentants de bailleurs de fonds de la Guinée.

En plus des ambassadeurs français et américain, d'autres diplomates notamment de l'Union européenne (UE) et de l'ONU, tous ayant "plaidé en faveur du report de la marche", a indiqué Mme Zalikatou Traoré, précisant que ce sursis doit permettre de "donner une chance à la médiation" en cours entre les différents acteurs des élections.

L'opposition exige notamment "l'affichage par ordre alphabétique et dans un délai raisonnable des listes électorales et un nouveau découpage électoral" qui rapproche l'électeur du bureau de vote, avant la tenue du scrutin du 24 septembre.

Elle soupçonne la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de préparer "une mascarade électorale" en faveur de la majorité au pouvoir, et le gouvernement de manipuler la Céni.

Les partenaires de la Guinée "ont décidé de s'impliquer plus afin de trouver un compromis" entre les différentes parties, a indiqué Mme Traoré.

Elle a ajouté que les opposants se prononceront sur la reprogrammation ou non de leur manifestation après une réunion vendredi (20 septembre) à Conakry d'un comité multipartite, réunissant majorité, opposition, ONU et représentants de la communauté internationale, dit "comité de suivi de l'accord du 3 juillet 2013".

Cet accord entre pouvoir et opposition en Guinée a permis de lever des blocages sur les législatives.

"Nous allons attendre la réunion de vendredi (...) pour nous déterminer. S'il n'y a pas de solution satisfaisante, nous déclencherons lundi (23 septembre) nos manifestations sur toute l'étendue du territoire", a déclaré à l'AFP Sidya Touré.

Dans un communiqué, les observateurs de l'UE présents en Guinée a exhorté mardi la Céni "à plus de transparence, afin de rassurer les acteurs politiques et les citoyens guinéens de l'intégrité de chaque étape du processus électoral".

Saïd Djinnit, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Afrique de l'Ouest et "facilitateur international du dialogue inter-guinéen", a invité les Guinéens à la retenue dans une déclaration diffusée mardi par son bureau, basé à Dakar.

Il a appelé "tous les partis politiques à s'abstenir de toute manifestation qui ferait courir des risques aux conséquences difficilement mesurables sur le processus électoral et pourrait menacer la stabilité du pays", et "tous les acteurs politiques à s'abstenir de déclarations ou d'actes qui pourraient remettre en cause, à quelques jours du scrutin, le climat de retenue" ayant caractérisé la campagne électorale.

Les législatives du 24 septembre auraient dû avoir lieu dans les six mois suivant l'investiture, en décembre 2010, du président Alpha Condé. Mais elles ont été reportées à de nombreuses reprises, faute de consensus sur leur organisation.

Les dernières élections parlementaires en Guinée remontent à juin 2002, sous la présidence du général Lansana Conté, décédé en décembre 2008 après 24 ans au pouvoir.

AFP

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