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L’extradition comme prochaine étape ?

Si la direction d'Interpol (Lyon) refuse de se prononcer sur les mandats d'arrêt émis par la justice algérienne et diffusés par Interpol Algérie contre 9 mis en cause dans l'affaire Sonatrach, (dont l'ex-ministre de l'Energie), des sources proches du dossier nous ont confirmé l'information. Paris. De notre correspondante   Le responsable du bureau Algérie d'Interpol, Abdelkader Kara Bouhadba, affirmait à El Watan (édition du 11 septembre 2013) que les 9 mandats d'arrêt lancés par la justice algérienne dans le cadre de l'affaire Sonatrach ont été «immédiatement» diffusés. Contacté par nos soins, le service communication d'Interpol Lyon nous a indiqué qu'il ne lui appartient pas de «commenter ce genre d'information», nous renvoyant pour plus de précision au bureau national Algérie, et de nous préciser que cette règle est valable pour tous les bureaux nationaux membres d'Interpol. Toutefois, le président du Mouvement citoyen des Algériens de France, à l'origine d'une plainte près le tribunal de Paris pour détention de biens illégaux en France des mis en cause dans l'affaire Sonatrach-ENI, est affirmatif : dans un premier temps seuls deux mandats d'arrêt ont été transmis aux services compétents français, mais deux jours plus tard il y a eu confirmation que ces derniers ont accusé réception de la totalité des mandats dont celui concernant l'ancien ministre de l'Energie, Chakib Khelil. Omar Aït Mokhtar, dont l'association - le MCAF - s'est également constituée partie civile près le tribunal de Milan, considère que pour être efficients, ces mandats d'arrêt doivent être suivis d'une demande d'extradition auprès des autorités nationales où les mis en cause sont résidents, notamment les Etats-Unis pour ce qui est de Chakib Khelil et les Emirats arabes unis (EAU) pour le cas de Farid Bedjaoui. Et de dire que le MCAF a écrit à l'ambassadeur des EAU à Paris pour une demande d'audience au cours de laquelle il lui transmettra une requête d'extradition de Farid Bedjaoui. «Nous allons faire la même démarche auprès de l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris et saisir ensuite par son intermédiaire le Congrès américain en ce qui concerne Chakib Khelil.» Omar Aït Mokhtar revient «pour plus de clarté» sur les raisons et les motivations qui ont conduit le MCAF à engager une action près les juridictions française et italienne. Il estime que «les personnes impliquées dans le scandale de Milan doivent justifier la provenance du financement de leurs biens en France». Et c'est en ce sens que s'appuyant sur la loi française contre le blanchiment d'argent, son association s'est saisie de la justice française. Considérant que la plainte du MCAF pour détention de biens illégaux en France par des mis en cause dans l'affaire ENI-Sonatrach a abouti, puisqu'elle a été requalifiée sous l'intitulé de blanchiment d'argent, M. Aït Mokhtar nous indique qu'il a été auditionné, la semaine dernière, par des inspecteurs de la cellule anti-blanchiment qui est placée sous l'autorité du procureur de la République près tribunal de Paris et dépendant de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière. Un magistrat a été désigné pour instruire cette plainte. Selon Omar Aït Mokhtar, les premières investigations ont abouti à la mise sous scellés de deux immeubles situés avenue Iéna appartenant à Farid Bedjaoui, des documents importants rangés dans deux coffres-forts ont été saisis au cours de cette perquisition. Le président du MCAF fait également état de la mise sous scellés, à la suite d'une opération judiciaire conjointe italo-française, d'une villa située à Ramatuelle appartenant à Farid Bedjaoui. La partie civile près le tribunal de Milan, le MCAF et son président, sont dans l'attente d'une convocation par le juge italien. «Je veux être clair, c'est à la justice algérienne qu'il appartient de juger ses ressortissants. Nous voulons que cette affaire serve de jurisprudence, que ces gens soient jugés en Algérie, par la justice algérienne. Je suis très nationaliste, je souhaite qu'une personnalité algérienne qui a occupé de hautes fonctions soit jugée en Algérie. Chakib Khelil a-t-il peur de la justice algérienne ? Pourquoi ne rentre-t-il pas en Algérie et affronter la justice algérienne ? »  

El Watan

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