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À minuit, comme les voleurs…

Pour Benkirane et son équipe, qui attend toujours sa feuille de sortie, c’est la Bérézina, Waterloo, Pearl Harbor, la Chute de l’Empire romain et la prise de Grenade par les troupes d’Isabelle la Catholique, TOUT A LA FOIS !!!

Ce gouvernement, qui devait lutter contre la hausse des prix, contre la détérioration du pouvoir d’achat des plus larges couches, pour la justice sociale, est celui-là même qui, à quelques heures ou jours de son départ pour cause de remaniement, s’enfonce dans l’incroyable opération d’augmentation des prix des carburants en catimini, un dimanche soir à minuit !!!

Bravo la transparence, la communication avec le peuple !!! Nul crocodile ou démon n’est venu pour empêcher le chef du gouvernement de commettre ce qui paraît être, par rapport à ses promesses électorales, l’irréparable…

Abdelilah Benkirane, Boulif et les autres, solidaires parce que c’est la logique des coalitions, ont choisi d’appliquer l’indexation quelques jours à peine après la publication au BO du décret instaurant cette mesure forcément impopulaire.

Certes, il est vrai que cette décision était inéluctable tant la Caisse de compensation est sollicitée par les budgets alloués aux carburants tels que l’essence et le gazole et tant sont mal en point nos finances publiques.

Certes, sur les “conseils pressants” du FMI, qui a renouvelé en août la ligne de précaution accordée au Royaume l’été 2012, le gouvernement d’Abdelilah Benkirane était quasiment contraint d’appliquer cette potion au goût si amer pour les milieux populaires, celle de la réforme de la Compensation, laquelle signifie, avant toute chose, la vérité des prix et la diminution des financements consentis par l’Etat à plusieurs produits stratégiques et de première nécessité.

L’augmentation est intervenue dès le 16 septembre à 0 heure, ce qui signifie que Benkirane n’aura pas retardé d’une seule seconde la mise en ½uvre de cette stratégie qui consiste à faire payer aux plus démunis les mêmes charges que les plus riches, prenant ainsi ” à la traître” les Marocains qui ont eu la très désagréable surprise de constater la hausse lundi matin en allant au travail.

Et si cette hausse devait être appliquée, la logique politique des PJD, PPS et autre MP qui en assument désormais la responsabilité et en paieront peut-être demain le prix électoral aurait voulu que le Chef du gouvernement s’adressât à ses concitoyens pour les informer, les prévenir, essayer de les convaincre du bien fondé économique et financier de cette hausse qui, faute de cet effort de communication, sera considérée comme inique, injuste et inacceptable.

Abdelilah Benkirane, pourtant, n’est pas un politicien dépourvu d’éloquence, ses prestations télévisées, ses diatribes du haut de la tribune parlementaire, ses envolées lors de ses meetings, en témoignent amplement.

Mais, pour cette fois, il a choisi de se comporter comme ceux qu’il pourfendait autrefois de ses attaques et critiques.

Serait-ce l’exercice du pouvoir exécutif qui rend aveugle et sourd ?

La leçon de ce comportement, au-delà de la décision d’appliquer l’indexation, que l’on peut, sinon accepter, du moins comprendre, est que le PJD, autrefois chantre de la justice sociale et pourfendeur des inégalités, (du moins dans l’oralité), vient de perdre sa virginité politicienne. Ce parti est désormais comme tous les autres, c’est-à-dire une force politique qui man½uvre, tergiverse, louvoie, avant de se donner corps et âme, à l’impérieux diktat de la realpolitik.

Tel le papillon qui se brûle les ailes parce qu’il est attiré par la flamme de la bougie,  (ou de la lampe ?), le PJD vient de perdre la bataille de la crédibilité.

C’est sa première défaite d’importance et, au vu des échéances qui l’attendent, comme la réforme de la fiscalité, celle des retraites ou encore l'allègement inéluctable de la compensation, ce ne sera certainement pas la dernière…

Amen !

Fahd YATAmoustache7

La Nouvelle Tribune

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