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Maroc: un journaliste arrêté pour la diffusion d'un message d'Aqmi

Un journaliste marocain a été interpellé mardi à Rabat après la diffusion par le site d'informations pour lequel il travaille d'une vidéo d'Al-Qaïda incitant "à commettre des actes terroristes" dans le royaume, selon la rédaction du média.

Ali Anouzla a été arrêté en matinée et les unités centrales d'ordinateurs ont été saisies dans les locaux de la publication Lakome, ont dit à l'AFP des journalistes en précisant que M. Anouzla était directeur de la version arabophone du site.

D'après un communiqué du procureur général du roi, un mandat d'arrêt avait été lancé par le parquet à l'encontre du "responsable" de Lakome "après la diffusion par le journal électronique d'une vidéo attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), comprenant un appel clair et une incitation directe à commettre des actes terroristes" au Maroc.

"Les procédures judiciaires adéquates seront appliquées à la lumière des résultats de l'investigation", ajoute le texte.

En fin d'après-midi, le journaliste était toujours interrogé par la police judiciaire, selon un de ses avocats, Me Naïma Guellaf.

La vidéo en question, diffusée la semaine dernière par Aqmi, est intitulée "Maroc: le royaume de la corruption et du despotisme". D'une quarantaine de minutes, elle fustige la monarchie et appelle au jihad.

Evoquée par divers médias locaux et étrangers, la vidéo a depuis été supprimée par Youtube pour non-respect des règles en matière de "violence".

Sur son site internet, Lakome, qui dispose de versions en arabe et en français, a évoqué son incompréhension, notant avoir "précisé dès le départ qu'il s'agit d'une vidéo de propagande". Il a également avancé que la diffusion de vidéos d'Al-Qaïda était "une pratique constatée dans les médias internationaux".

Contacté par l'AFP, un autre responsable de Lakome, Aboubakr Jamaï, a souligné que la version arabophone n'avait fait que "renvoyer vers un lien" pour voir la vidéo, dans le cadre d'un article relatant l'information.

"Pour la version francophone, c'est moi le directeur de la publication, et (...) j'assume d'avoir choisi de publier la vidéo", a enchaîné M. Jamaï, actuellement à l'étranger.

Connu pour ses prises de position critiques à l'encontre des institutions marocaines, dont la monarchie, M. Anouzla a déjà fait l'objet de poursuites judiciaires par le passé.

Dans un communiqué, le Syndicat national de la presse marocaine, tout en évoquant "le respect de la liberté d'expression", a estimé qu'elle devait "être exercée dans le cadre du respect de l'éthique".

La décision de Lakome de se faire l'écho du message d'Aqmi a été vivement critiquée par le quotidien L'Opinion, proche du parti Istiqlal (conservateur). "Il faut être fou à lier ou chercher sciemment à se faire embastiller pour commettre une telle bavure", avait-il estimé en Une.

Le Maroc a été la cible de plusieurs attentats ces dix dernières années, dont ceux de Casablanca en mai 2003. Perpétrés par 12 kamikazes, ils avaient fait 33 morts. Les autorités annoncent en outre régulièrement le démantèlement de "cellules terroristes", la plupart liées à Al-Qaïda.

AFP

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