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Manifestation de journalistes devant les locaux de la télévision tunisienne, Tunis, 25 avril 2012 / REUTERS
Manifestation de journalistes devant les locaux de la télévision tunisienne, Tunis, 25 avril 2012 / REUTERS

Si rien n'est fait, il n' y aura plus un seul média en Tunisie

Arrestations, procès et menaces: les journalistes tunisiens disent stop au harcèlement.

Les médias tunisiens sont en grève ce mardi 17 septembre. Objectif? Protester contre le musèlement de la presse par le gouvernement.

«Des agressions quotidiennes, des menaces de mort, de l'intimidation, des licenciements abusifs, des arrestations et des interrogatoires (…), tel est le quotidien des journalistes tunisiens», s’insurge le site Webdo.

Depuis que le parti islamiste Ennahda dirige l’Assemblée Constituante, «la liberté de presse est menacée comme elle ne l'a jamais été», ajoute encore le site.

Avec un point culminant le vendredi 13 septembre 2013, rapporte Courrier International. Trois journalistes poursuivis par les autorités publiques comparaissent devant la justice lors de cette «journée noire qui marquera l'histoire de la troïka», selon l’avocate Dalila M’Saddek, interrogée par Kapitalis.

Tahar Ben Hassine, Zied El-Heni et Zouhaïr Jiss n’ont pourtant fait que «leur métier» d’informer, avance la magistrate.

Journalistes harcelés

D’après Courrier international, le président tunisien Moncef Marzouki a déposé plainte contre Zouhaïr Jiss, de la radio Express FM, pour «fausses informations pouvant troubler l'ordre public et outrage au président», avant de se désister. Le journaliste d’Express FM a finalement été relaxé.

En revanche, le directeur de la chaîne Al-Hiwar Ettounsi, Tahar Ben Hassine, devra encore repasser devant le tribunal fin septembre. Il est accusé de «complot contre la sûreté intérieure de l’Etat», «d’incitation à la désobéissance» et de diffusion de «fausses nouvelles». Cet ancien opposant de gauche a rejoint le parti d'opposition Nidaa Tounes. Sa chaîne, fondée en 2003, critique souvent la politique d’Ennahda, explique Courrier international.

Enfin, Zied El-Heni, rédacteur en chef du journal Essahafa et dirigeant syndicaliste, risque deux ans de prison et une amende pour «diffamation et attribution d'actes illégaux à un fonctionnaire de l'Etat», indique encore Courrier international. Il a été libéré sous caution le 16 septembre et son cas sera examiné à Sousse le 24 septembre. En cause, ses déclarations sur Nessma TV à propos d’un procureur de la République, Tarek Chkiwa, précise le site.

La liberté de presse semble tout autant en danger que la liberté artistique. Le rappeur Weld el 15 en a fait les frais, condamné à 22 mois de prison alors qu’il ignorait faire l’objet d’un procès, mais aussi le blogueur Jabeur Mejri, actuellement emprisonné pour sept ans à cause de ses caricatures «blasphématoires». Le site rappelle aussi le cas du réalisateur Nassereddine Shili, écroué pour avoir jeté un œuf sur le ministre de la Culture, Mehdi Mabrouk.

Lu sur Courrier international

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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