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Egypte: l'armée reprend une ville tenue par des islamistes

L'armée a repris lundi sans faire de victimes le contrôle d'une ville du centre de l'Égypte tenue depuis un mois par des partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi, ont affirmé les autorités qui les accusent notamment de brûler des églises.

Des soldats et des policiers ont lancé l'assaut à l'aube, ratissé des rues maison par maison et arrêté 56 suspects à Delga, dans la province de Minya, où la minorité chrétienne copte est très présente et où plusieurs églises ont été incendiées depuis que l'armée a renversé M. Morsi le 3 juillet, ont affirmé des responsables de la sécurité sous couvert de l'anonymat.

Les 32 entrées de cette ville de quelque 120.000 habitants, tenues depuis 31 jours par des militants armés, ont été reprises par les forces de l'ordre et fermées à toute personne voulant entrer ou sortir, a assuré pour sa part l'agence de presse gouvernementale Mena. Un couvre-feu diurne a été imposé, a précisé l'agence. 

Pour fouiller certaines maisons, les soldats ont tiré des grenades lacrymogènes, ont raconté par téléphone à l'AFP des habitants de Delga.

"La situation était sous contrôle des forces de l'ordre en une demi-heure et, Dieu merci, il n'y a eu aucune victime", a assuré à l'AFP par téléphone le gouverneur de la province de Minya, Salah Ziada.

Depuis la destitution de M. Morsi début juillet, trois églises ont été incendiées à Delga, comme des dizaines de maisons de chrétiens et deux coptes ont été tués, selon Ishak Ibrahim, chercheur à l'organisation de défense des droits de l'Homme Egyptian Initiative for Personal Rights. Il assure aussi que plus de 100 familles terrorisées par les militants islamistes ont quitté la ville ces deux derniers mois.

Selon Human Rights Watch, plus de 40 églises ont été attaquées en Egypte depuis un mois.

Les attaques se sont concentrées, selon HRW, à Minya et Assiout, dans le centre, où respectivement 11 et huit églises ont été visées.

Les Coptes, qui représentent quelque 10 des 80 millions d'Egyptiens, avaient déjà subi des violences dans l'histoire récente, mais jamais de campagne aussi intense.

M. Morsi a été destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet, après que des millions d'Egyptiens eurent manifesté pour réclamer son départ. Les militaires ont aussitôt mis en place un gouvernement intérimaire chargé de réécrire la Constitution et d'organiser des élections législatives et présidentielle pour début 2014.

Mais depuis le 14 août, l'armée et la police mènent une campagne de répression visant les pro-Morsi et en particulier la confrérie du président, les Frères musulmans, qui avaient remporté haut la main les législatives de 2012.

En une semaine à partir de la mi-août, au moins un millier de personnes ont été tuées dans la dispersion très violente de manifestations réclamant le retour du président déchu, notamment au Caire, les victimes étant pour l'immense majorité des pro-Morsi.

Et depuis, la quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans ont été arrêtés. Ils sont jugés, comme M. Morsi, notamment pour "incitation au meurtre" de manifestants du temps où ils étaient au pouvoir.

AFP

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