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Somalie: conférence de soutien financier

Une conférence co-organisée par l'Union européenne et le gouvernement somalien s'est ouverte lundi à Bruxelles pour mobiliser l'aide financière internationale nécessaire à la reconstruction de la Somalie, après plus de 20 ans de guerre civile. 

Cette réunion, à laquelle participent quelque 50 délégations d'Afrique, d'Europe et du Golfe aux côtés de bailleurs de fonds internationaux, doit "ouvrir un nouveau chapitre" dans l'histoire du pays, a souligné à son arrivée le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud.  

Les donateurs seront appelés à soutenir le redressement du pays, axé sur quatre "priorités: la sécurité, la réforme judiciaire, la réforme des finances publiques et le redémarrage économique", a-t-il souligné. 

Par rapport aux précédentes conférences ayant accompagné la sortie du chaos de ce pays de la Corne de l'Afrique, "l'investissement à long terme fera la différence", a pour sa part souligné la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. 

De Somalie, les rebelles islamistes shebab qui contestent le pouvoir central ont pour leur part dénié tout intérêt au rendez-vous. 

Les "milliards promis" resteront "le plus probablement impayés" ou alimenteront "la corruption" du gouvernement, ont-ils affirmé sur leur compte twitter, assimilant la réunion à une "gaufre belge: sucrée mais sans consistance". 

Intitulée "Un new deal pour la Somalie", la conférence, prévue sur une journée, doit déboucher sur l'adoption d'une feuille de route pour la mise en place d'un Etat de droit et le rétablissement d'une gouvernance financière. 

Les donateurs doivent notamment examiner un projet de scolarisation d'un million d'enfants, dans un pays où seuls quatre enfants sur dix vont à l'école. 

Saluée par le président somalien comme "le plus grand donateur", l'UE a fourni à elle seule 1,2 milliard d'euros depuis 2008, dont 697 millions pour financer des missions de maintien de la paix ou de lutte contre la piraterie. 

La Somalie a entamé un processus de reconstruction d'un Etat central avec l'élection en septembre 2012 de Hassan Cheikh Mohamoud. 

Mais malgré les revers infligés aux islamistes, qui ont perdu depuis août 2011 l'ensemble de leurs bastions du sud et du centre du pays, le gouvernement central peine à asseoir son autorité au-delà de la capitale Mogadiscio et de sa périphérie.

Contrôlant toujours de grandes zones rurales, les islamistes multiplient les attentats. Le dernier qu'ils ont revendiqué a coûté la vie à au moins 18 personnes dans le centre de Mogadiscio le 7 septembre. 

Moins de 48 heures après son élection, ils avaient aussi signé dans la capitale une tentative d'attentat contre le président, à nouveau visé pour son premier anniversaire au pouvoir par une embuscade tendue contre son convoi près de Merka, au sud-ouest de Mogadiscio, le 3 septembre.

En juin, les shebab avaient aussi lancé une attaque de commando contre un complexe fortifié de l'ONU au centre de Mogadiscio, faisant 11 morts.

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