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Boudou, un ami de l’Algérie s’en va en silence

Né le 21 janvier 1923 à Toulon, Bernard Marie Joseph Boudouresque, dit Boudou, est décédé le 25 août dernier à Paris dans un total anonymat. Polytechnicien et professeur, il a travaillé jusqu'à sa retraite en qualité d'ingénieur au sein du Commissariat à l'énergie atomique en France. Il était prêtre de la Mission de France. Boudou, comme aimaient l'appeler chaleureusement ses camarades durant la guerre de Libération nationale, avait accepté volontairement  d'aider le FLN et le réseau Jeanson. Il a recruté l'abbé Robert Davezies. La DST l'arrête le 13 octobre 1958. Le destin aura voulu que ce militant de la cause algérienne soit jeté, en 1958, après un interrogatoire musclé, dans la cellule n°148 de la prison de Fresnes (France) aux côtés de Ghafir Mohamed, dit Moh Clichy. Après avoir passé 2 années dans les geôles françaises, Bernard Marie Joseph Boudouresque reprend son combat contre la Force de dissuasion nucléaire française (FDNF) et intègre le Mouvement pour la paix. Après avoir milité au sein de ce mouvement contre la FDNF, il démissionne en 1981. Il intègre par la suite Amnesty International en activant au sein de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) et avait mené des actions avec l'Association France-Palestine, solidarité et Pax Christi.  Boudou faisait partie intégrante du Comité de parrainage de la Coordination pour l'éducation à la non-violence et à la paix en sa qualité de membre. L'abbé Bernard Boudouresque est un authentique militant de la cause nationale, qui a quitté ce bas monde sans faire de bruit. Contacté par nos soins, le moudjahid Moh Clichy,  attristé par la nouvelle, nous a déclaré : «J'apprends avec beaucoup de tristesse le décès de l'abbé Bernard Boudouresque, ancien ingénieur à Saclay (France). A l'instar de nombreux Français, il a lutté contre les crimes du colonialisme français durant la guerre de Libération nationale, en apportant d'une manière concrète son aide et son assistance aux combattants algériens durant leur lutte pour l'indépendance nationale», ajoute-t-il. «Du vivant du défunt, il m'a été donné l'occasion de lui rendre l'hommage qu'il mérite avec toute la solennité qui sied dans mes nombreux témoignages et mes écrits, sur les éminents et remarquables services qu'il a rendus à l'Algérie, ce qui lui a valu d'ailleurs des années de prison, en partageant notamment avec moi la cellule n°148 à la prison de Fresnes en 1958 et 1959...», enchaîna Moh Clichy. «C'est pourquoi je prends une bien grande part à l'affliction de sa famille et ses amis en leur présentant mes vives et sincères condoléances», conclut le moudjahid Ghafir Mohamed.  

El Watan

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