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Carla Bruni:

Carla Bruni

Carla Bruni a la poignée de main franche. Quand elle vous serre la main, elle plante son regard immensément bleu dans le vôtre. Elle s’inquiète dans la foulée: « Vous avez mangé? J’avais des sandwichs à la maison, je voulais les apporter mais il paraît que vous avez déjà mangé. » Elle est comme ça Carla: spontanée, souriante, attentive. Nous l’avons rencontrée hier, dans un prestigieux hôtel parisien. Un entretien formidable avec une ex-Première Dame détendue, chaleureuse et habile pour esquiver les questions personnelles. Nous avons bien entendu parlé musique: elle sera en concert chez nous en décembre prochain. Rencontre.

 

 

Vous jouerez en Belgique dans des salles assez petites: le Cirque Royal, le Forum de Liège, le Palais des Beaux-Arts de Charleroi. C’est un choix délibéré?
Je les trouve un peu grandes, personnellement. Quand je vois la jauge, je me dis: ‘Mais ils ne vont pas venir’. Mon idéal serait de chanter devant 800 personnes. Quand il y a moins de places, j’ai moins peur.

Vos chansons se prêtent aussi à une intimité…
Oui, les chansons se prêtent surtout à une simplicité. Et la simplicité, elle est faite d’émotion, d’intimité. Elle n’est pas faite de grand spectacle. Mais attention, on n’offre pas un spectacle spectaculaire mais c’est un spectacle quand même. (Large sourire.)

Entre la période d’écriture d’un album, plus solitaire, et la scène, quel exercice préférez-vous?
Je connais moins la scène que l’écriture de par les hasards de la vie mais les deux choses sont très différentes. Les chansons se transforment quand on arrive sur scène. Dans les moments de composition, il y a quelque chose de très enfermé. Quand on enregistre, on commence déjà à passer le spectre du réel.

Vous connaissez moins la scène mais vous connaissez déjà la sensation d’être le centre de l’attention. Ça facilite les choses?
Peut-être que ça facilite le corps. Disons que vos jambes marchent. Si vous n’avez pas l’habitude de ça, vous pouvez peut-être avoir les jambes coupées. Les gens qui n’ont pas l’habitude d’être exposés ont peut-être encore plus le trac. Mais ce n’est pas sûr…

Encore plus? Vous avez donc le trac?
Oui, beaucoup. C’est pour ça que j’ai commencé très tard parce que je pensais que je n’y arriverais pas.

Vous faites quoi pour le faire disparaître?
(Elle réfléchit) Oh, l’alcool… (Elle rigole) Je ne fais rien, il n’y a rien à faire. J’ai des rituels: on se chauffe la voix, on boit un thé. Il faut justement éviter l’alcool, les choses qui vous aident artificiellement, parce qu’on ne s’en sort plus sinon. J’ai moins peur avec l’âge mais c’est toujours une terreur quand même. J’ai même pensé que je ne pouvais pas faire ce métier parce que c’est une chose d’apparaître physiquement devant, par exemple, tout un tas de médias. C’en est une autre d’aller chanter avec tout ce qu’on a. Chanter, ce n’est pas du tout comme marcher. Quand j’étais mannequin, je portais les créations d’autres personnes. Ici, c’est beaucoup plus délicat, plus sensible, plus heureux aussi. C’est plus profond. Donc j’ai un trac du diable. Mais en avançant dans le temps, je ne dirais pas qu’il diminue mais je m’habitue à sa force.

Vos obligations de Première Dame ont fait que vous n’aviez pas pu défendre l’album précédent sur scène. Ca vous a manqué?
Oui parce que ça fait partie des traditions de mon métier d’aller défendre un disque sur scène. Mais je n’ai pas de regret. Là, j’ai trois albums en langue française, j’ai le choix maintenant. Le premier album durait 34 minutes, lors des premiers concerts, je refaisais des chansons sur scène, la honte! Celles que je ratais au début par terreur, je les refaisais à la fin. La honte, vraiment. (Elle éclate de rire.)

Quelles sont les chansons de ce dernier album qui ont touché les gens?
On m’a beaucoup parlé de « J’arrive à toi ». C’est une chanson romantique, les gens sont romantiques.

Les chansons qui intéressent les gens ne sont pas forcément les mêmes que celles qui intéressent les médias…
Oui. Les médias et les gens sont parfois en décalage.

« Le pingouin » a notamment beaucoup fait parler d’elle. Certains y voyaient François Hollande…
Quand je sors une chanson, je suis les opinions de mon label, je respecte les opinions des médias mais moi je suis toute à mon affaire. Et mon affaire, c’est d’offrir quelque chose de sensible. L’indifférence est la pire des choses pour un artiste. Je ne vais commencer à me prendre la tête sur le choix de ma maison de disques, ni sur celui des médias. Ce n’est pas une chanson que j’isole particulièrement.

 

 

Vous pensez que les gens écoutent vos chansons différemment aujourd’hui au vu de votre vie personnelle actuelle?
Oui. C’est aussi une question de volume de notoriété. On peut avoir plus de notoriété que d’écoute. Mon idée, c’est de voir un peu large au lieu de m’arrêter à tous les cailloux du chemin et de me dire que tant qu’ils les écoutent, c’est déjà ça.

Parlez moi de la chanson « Pas une dame », celle où vous dites que vous n’aimez qu’on vous voit comme telle.
J’aime bien la politesse et la courtoisie. C’est agréable dans la vie courante. Ca limite dans le fait de dire ce qu’on pense, la politesse. Et c’est pour tout le monde pareil. Si vous avez envie de me dire que je suis une vache antipathique, vous ne me le direz pas je pense.

Est-ce que parfois vous craignez de trop parler de vous dans vos chansons? Est-ce que vous pratiquez l’autocensure pour éviter d’en dire trop?
Franchement, l’autocensure ce n’est pas mon truc. Ma censure, c’est d’enlever ce qui est nul. Si une phrase est insipide, je la vire, quoiqu’elle dise. C’est ça mon curseur pour faire du dégraissage. Je travaille beaucoup les textes.

Quand vous écrivez, vous êtes du genre à vous astreindre à des horaires précis ou vous notez des parties de chansons sur un bout de papier, spontanément, quand vous y pensez?
Je travaille tous les jours le soir, quand toute la famille dort, de 22 h à 2 h disons. Autant vous dire que je ne suis pas la reine du matin. (Large sourire.) Là, même, je suis très juste. (Elle regarde l’heure, il est 14 h 30.) Je réfléchis très fort pour ne pas vous dire de bêtises.

Vous allez devoir quitter votre petite fille Giulia pendant la tournée. Ca ne va pas être trop dur?
Si mais ce n’est que pour des périodes de trois ou quatre jours maximum. Et je l’emmènerai. Pas partout mais quand c’est cohérent, qu’il n’y a pas trop de mouvement. A cet âge-là, c’est encore possible: elle n’est pas encore à polytechnique.

Quelle est la suite de vos projets, vos espoirs pour le futur?
Je n’ai pas beaucoup d’objectifs, je n’en ai jamais beaucoup eus. J’essaie de saisir les occasions que la vie m’offre et si elle ne me les offre pas, je continue mon chemin. Je ne me projette pas, je ne le fais jamais. J’aimerais bien rester en bonne santé et ma famille aussi.

Vous avez eu plusieurs vies en une. Quelle est la partie de votre vie que avez-vous préférée?
J’aimais bien l’adolescence.

Avant d’être connue?
Ce n’est pas tellement ça. J’aime bien être connue. Ca ne me gêne pas. Il y a des mauvais côtés mais il y a d’autres choses aussi. Je n’ai rien contre. Je sais que ça se fait de dire que c’est une pression insupportable mais je ne peux pas dire ça. Inconsciemment, peut-être que j’en avais besoin. Parfois, ça m’embarrasse un peu. On a peur d’être décevant. On est toujours en décalage avec son image. L’image, ce n’est pas soi.

Quand votre album est sorti, votre mari était dans le feu de l’actualité et à chaque fois, on vous posait des questions là-dessus. Ça vous a fait raler qu’on vienne vers vous pour parler de musique mais pas seulement?
Oui mais je préfère ça à l’indifférence. Je connais des gens doués de talent qui ne suscitent pas d’intéret. C’est inexplicable mais j’essaie de prendre mesure de mes privilèges.

Vous avez souvent peur que les interviews dévient sur des questions personnelles? Ce n’est pas fatigant d’être tout le temps sur la défensive?
Mais c’est de votre fait, ça. Ou si ce n’est pas vous, c’est votre frère. Bien sûr que j’ai envie de faire de la promo sans qu’on m’en parle.

Mais quand on apprécie un artiste, il y a toujours une curiosité pour leur vie personnelle. On a envie de savoir s’ils sont heureux, ce qu’ils mangent, ce qu’ils font de leur quotidien…
Oui, je suis d’accord, mais quand certains artistes ne disent rien, c’est agréable aussi non?

Auteur:  7sur7.be

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