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Dabakh nous manque et tout semble dépeuplé …

Disparu il y a 16 ans, jour pour jour, Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh reste, plus que jamais, présent dans les c½urs et dans les esprits des Sénégalais. C'est toujours le grand vide du règne de Mame Dabakh qui, de 1957 à 1997, s'est acquitté da sa tâche de Khalife général des Tidianes avec un dévouement et un désintéressement qui resteront gravés dans les mémoires. A chaque fois que le pays faisait face à des situations difficiles, comme c'est le cas actuellement, iI montait au créneau pour tempérer les ardeurs, avec une finesse digne d'un véritable représentant de Dieu sur terre. Mame Abdou fait partie de la catégorie des grands hommes qui ne meurent jamais. La date du 14 septembre est, pour l'éternité, inscrite dans les agendas religieux, politique, culturel du Sénégal, voire du monde. Aujourd'hui, l'ensemble des musulmans du Sénégal et d'ailleurs se souviennent de ce personnage qui a fait l'unanimité autour de sa démarche. Formé à l'école de son illustre ascendant, El hadj Malick Sy (Rta), Mame Abdou était doté de solides connaissances en lettres, grammaire, droit islamique, sciences, astrologie, relations humaines... En définitive, on retient de l'homme son pacifisme, son humilité, sa courtoisie et son commerce agréable. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant qu'il ait été un modèle de consolidation des relations entre confréries et entre les êtres humains. Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh (Rta) avait élevé la tolérance au rang de sacerdoce. S'étant toujours préoccupé de la formation religieuse et de l'éducation de base des croyants, il a contribué à l'unité et à la concorde entre les musulmans. En fervent partisan de la paix, il s'est personnellement et régulièrement investi pour appeler à l'union des c½urs et des esprits, aux fins de l'instauration d'un climat social serein.

Protecteur des talibés

D'ailleurs, à propos de couches vulnérables, ses innombrables appels à soutenir les talibés et les écoles coraniques résonnent encore dans les oreilles de tous ceux qui avaient l'habitude de converger vers la Grande Mosquée et la Zawia Seydi El Hadji Malick Sy (Rta). Deux lieux de culte qui servaient, à l'occasion, de refuge et de foyer où ces bannis de la «société civilisée» trouvaient chaleur et réconfort chez le successeur de Seydi Aboubacar Sy (Rta). Tout cela pour dire que si celui qui a veillé, pendant quarante (40) ans, sur l'héritage et le temple de Maodo, était encore là, sa voix se joindrait à celles de ses nombreux compatriotes qui pensent que les pouvoirs publics se sont trompés de solutions à propos de la loi sur la mendicité. Et, nul doute qu'il se serait déplacé, personnellement, pour en discuter, de vive voix, avec le chef de l'Etat. D'autant plus que sa conviction était faite, comme il n'a jamais cessé de le marteler, que «la lumière divine qui jaillit du feu, avec des talibés penchés sur leurs tablettes, ne se trouve pas dans l'électricité». L'illustre disciple de Serigne Hady Touré de Fass Touré ne savait pas si bien dire. À cet égard, il est souvent monté au créneau pour apaiser, pour dénoncer certains comportements et injustices. Il a veillé durant quarante (40) ans sur la Tidianiya et le legs de Maodo. A l'occasion de l'anniversaire de son décès, des séances de lecture du Saint-Coran, de «Fidaou», de prières sur le Sceau de prophètes auront lieu partout dans le pays. Notre pays est toujours orphelin de Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh, surtout en ce moment où nous sommes à la croisée des chemins avec une morosité économico-sociale qui va crescendo. Que Dieu fasse que l'esprit Mame Abdou continue à éclairer notre pays ! Amine !

Rewmi

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