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Situation post crise : vivement une solution inclusive durable !

Des éléments d’Ansar Dine dans les environs de Gao le 16 mai 2012 (photo AP)

Les divers groupes armés qui ont envahi le nord du Mali en janvier 2012 ont crée une situation sans précédent de détresse extrême,  d’asphyxie et de paralysie sur toute l’étendue du territoire national.

 

 

L’occupation d’une partie sensible et stratégique du Mali et les conséquences douloureuses qu'elle a engendrées ont constitué une menace existentielle dont l’extirpation devient un impératif primordial.

 

 

Les négociations déjà entamées avec quelques citoyens égarés mais finalement revenus, pour certains d’entre eux, à de sentiments appréciables au lendemain de la libération des régions du nord du Mali, doivent se poursuivre sous de meilleurs auspices afin de mettre à nu et de battre en brèche les prétextes fallacieux avancés, çà et là, lors de l’annexion du septentrion malien.

 

 

Il semblerait, et selon toute vraisemblance, que bon nombre de nos compatriotes, individuellement ou collectivement, approuvaient, pour de bonnes causes nationales d’apaisement et de pardon, le principe de pourparlers engagés dans une logique de dialogue et de négociation, notamment avec le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA).

 

 

Cependant, ce qui est sûr et certain, c’est que les paisibles populations affichent, dans une large majorité, une position acceptable qui aboutirait efficacement à une sortie de crise durable et en douceur: il s’agit de négocier seulement avec des groupes qui manifestent une réelle volonté de déposer les armes, qui partagent le caractère laïc du Mali, qui se prononcent pour l’unité et l’intégrité nationales.

 

 

Cette volonté doit se traduire, dans des faits, par une disponibilité des militants et sympathisants des groupes armés à ne ménager aucun effort pour renoncer à toute forme de violence et, partant, pour déposer, les armes, quitte à mener un combat politique à travers un  pays de droit, au demeurant,  acquis, tant bien que mal, à la démocratie depuis fort longtemps ( même si celle-ci n’a été souvent que de façade), à la décentralisation et à la liberté d’expression.

 

 

Par ailleurs, il ne revient à l’esprit de personne de douter des vertus cardinales de la bonne gouvernance qui demeure la clé de tout développement durable, une voie salutaire à laquelle sont attachés  résolument  tous ceux qui croient encore au grand Mali ravivé.

 

 

La disponibilité de chaque partie dans ce sens ne  peut que conduire, dans l’intérêt général, à la conclusion d’un accord inclusif durable, à travers notamment les prédispositions humaines des maliens à se rencontrer, à se comprendre naturellement, à s’accepter  et à s'ouvrir mutuellement  pour le plus grand bien commun.

 

 

De toutes les façons, comme l’affirmait si bien célèbre penseur français, il existe dans le monde, « les grands esprits, les esprits moyens et les esprits médiocres ».

 

 

Dans notre contexte socioculturel, les premiers cités sont ceux qui, convaincus de ce qu’ils peuvent apporter de positif  au pays et  non de ce qu’ils attendent de ses faveurs, sont attachés à des  débats d’idées fortes, enrichissantes, fructueuses; les seconds cités, n’ont pas, la plupart du temps, une large vision des événements qu’ils subissent donc au lieu de pouvoir les prévenir objectivement; quant à la troisième catégorie, elle se consacre souvent à la  fécondation, à l’éclosion de vrais ou  de faux problèmes de personnes.

 

 

Par ailleurs, des vices imputables à la persistance de la pauvreté, à l’acuité des problèmes inhérents à de phénomènes négatifs, contagieux tels que le culte de l’argent, la perte des repères, l’incivisme, l’indiscipline, la dépravation des m½urs au profit de la  recherche fallacieuse de la modernité, de la facilité, du trafic d’influence, des surenchères,  continuent malheureusement de se propager à un rythme accéléré au détriment des attentes, des comportements décents  de  l’ensemble du peuple malien, dans toute l’expression de ses vraies valeurs socio culturelles.

 

 

Il faut néanmoins reconnaître, dans tous les cas, que les crises sécuritaires au Sahel, de caractère tentaculaire, ont, en  général, une dimension large, des ramifications tous azimuts dans toute la sous région, voire au-delà.

 

 

Leur résolution efficace ne peut être inspirée que par une étroite coopération sous régionale et internationale, une synergie d’actions  seule capable de prévenir, de juguler leurs effets collatéraux.

 

 

Chirfi Moulaye HAIDARA,    

Chercheur indépendant   Badalabougou

 

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