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Quelle transition au Mali ? (Le point de vue de Philippe Hugon, directeur de recherche

Philippe Hugon, directeur de recherche à l'IRIS, spécialiste de l'Afrique

La France a commencé à réduire ses effectifs au Nord-Mali cette semaine. Cette décision ne vous semble-t-elle pas précoce au regard de la situation sécuritaire de la zone ?

 
Tout d'abord, la réduction de l'opération Serval a été programmée. Il y a normalement encore 3200 hommes, leur nombre devant passer à 1000 à la fin de l'année 2013. En réalité, il y a un désengagement très limité, avec des changements de troupes, notamment de l'infanterie marine et les Marsouins, qui prennent un peu le relais. Pour l'instant la situation n'est pas complètement sécurisée, on peut dire que c'est un relai partiel. Ceci étant, l'objectif est bien de réduire les objectifs et d'avoir un relai de la force des Nations Unies, la MINUSMA.

 

Des accrochages entre soldats de l'armée malienne et membre du MNLA ont eu cours hier pour la première fois depuis le cessez-le-feu au Nord-Mali. Où en sont les négociations avec les groupes armés installés dans la zone ?

 
Après l'élection du président Ibrahim Boubacar Keïta, il y a eu 60 jours prévus pendant lesquels des négociations devaient être commencées. Il est certain que nous sommes encore en présence de menaces d'affrontements, chacun voulant montrer sa force. Je pense que ce sont pour l'instant des escarmouches. Le MNLA a absolument besoin d'être un interlocuteur de la reconstruction politique. Il faut impérativement qu'il se sépare des autres mouvements djihadistes, notamment d'Ansar Dine. Je pense qu'il y aura donc des négociations. Néanmoins rien n'est totalement joué, il faut rester prudent, et bien entendu le MNLA a encore des revendications fortes et dispose encore d'armes.

 

Quelle est la situation politique dans le pays depuis les dernières élections ?

 
On peut dire que l'on a enfin un pouvoir qui est légitimé, avec un président largement élu, qui plus est démocratiquement. Il n'y a pas eu de bavures pendant l'élection comme on le craignait. Ibrahim Boubacar Keïta est de plus un homme politique à poigne. Ceci étant, les défis sont tellement innombrables qu'il ne faut pas s'attendre à des miracles.

 
Il faut mener de front une réconciliation nationale, il faut régler la question des déplacés, il faut trouver une solution pour la reconnaissance des droits aux populations du Nord, il faut assurer la sécurité contre les mouvements djihadistes qui ne sont pas démantelés, seulement réduits en effectif et en capacité de nuisance. Les défis sont considérables.

 
On peut donc dire qu'actuellement, nous sommes plutôt dans une phase de reconstruction politique, mais le président a à mon avis les atouts pour mener à bien cette situation.

 

Source: Affaires-strategiques.info

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