mis à jour le

Fléau du sac plastique : Des Burkinabè se prononcent et proposent leurs solutions

Pour clore notre dossier consacré au sac plastique - véritable fléau environnemental, que l'on a bien du mal à éradiquer malgré les nombreuses mesures entreprises sur le continent africain -, nous sommes allée à la rencontre des citoyens burkinabè afin de recueillir leurs avis sur le sujet. Quelle est aujourd'hui l'utilité des sachets en plastique ? Que peut-on faire pour lutter contre leur impact environnemental ? Que penser des mesures proposées par le ministère de l'Environnement et du Développement Durable (MEDD) le mois dernier quant à une éventuelle interdiction et taxation des emballages en plastique ? A ces questions cinq Burkinabè ont bien voulu répondre...

Nul ne niera l'utilité du sac en plastique. « Oui ils sont utiles, notamment parce que des fois, si tu dois par exemple aller payer quelque chose comme du poisson frais, on ne peut pas le mettre dans un carton, ni dans un paquet... C'est toujours dans un sachet », remarque en effet Isabelle Sigouinda. Tout en reconnaissant toutefois que « c'est grave pour l'environnement, parce que ça pollue ». Aussi est-elle d'accord qu'il faille prendre des mesures contre ce fléau, à commencer par limiter leur distribution : « Par exemple si tu vas payer du savon, ils vont le mettre dans un sachet ; tu payes du Omo ils vont le mettre dans un sachet aussi. Donc pour diminuer tout ça, faudra qu'on limite l'utilisation des sachets en plastique ».

Yves Kaboré fait le même constat : « Des fois on va acheter quelque chose, ce n'est pas nécessaire de prendre un sachet plastique, mais les gens vont prendre un sachet plastique quand même. Bon, quand c'est beaucoup de choses on peut donner un sachet plastique, mais quand c'est un bidon d'eau, ou même deux, ce n'est pas nécessaire d'en prendre », estime-t-il en effet. C'est pourquoi « on pourrait diminuer leur production annuelle » selon lui, ou « augmenter le prix des sachets plastique », et pourquoi pas même « organiser des marches de nettoyage dans la ville pour ramasser les sachets plastique, de temps en temps... Ce serait pas mal ».

Dans le même esprit, Gaston Konaté propose pour sa part de « créer des associations contre la salubrité, ramasser les sachets pour les mettre dans les poubelles. Ou bien mettre des poubelles dans chaque rue. Comme ça, quand les gens utilisent des sachets, on va les jeter dedans pour ne pas que ça pollue l'environnement ». Quant à l'interdiction des emballages « non-biodégradables », qui suppose un remplacement par des sacs « biodégradables », il semble s'inquiéter : « Est-ce que ces sachets-là seront chers ? Ce sera payant, ou bien les boutiques donneront ça gratuitement ? ». Avant de reconnaître : « Si ce sont des sacs que l'on peut utiliser à plusieurs reprises, ça vaut mieux que les sachets de 25 francs que l'on utilise et puis on jette partout, c'est pas intéressant ».

Ludovic Ange Kondombo se pose également des questions quant à la mesure d'interdiction proposée le mois dernier : « Bon, étant donné que les sachets plastiques détruisent l'environnement, je pense que c'est une bonne initiative. Mais y a-t-il d'autres solutions qu'ils peuvent proposer ? Par exemple, je vais à la boutique payer quelque chose, qu'est-ce que je peux utiliser pour mettre mes produits ? ». Lui-même sait bien que des alternatives existent : « Par exemple il y a des sachets biodégradables, ou bien des papiers, que l'on peut utiliser », avance-t-il ainsi. Préconisant toutefois « d'y avoir accès facilement ; si on peut reprendre ça un peu partout sur le territoire national, ça permettra à la population de l'utiliser ».

Si elle trouve également, dans le principe, que « c'est une bonne idée », Aïssa Bajuera pense quant à elle que « ce ne sera pas possible d'interdire carrément, comme ça ». « Si on pouvait diminuer l'utilisation des sachets plastique, et diminuer au niveau de leur fabrication aussi, peut-être que ça pourrait un peu changer », préfère-t-elle ainsi avancer. Car selon elle « la population s'est habituée à utiliser les sachets plastique ». « Et à jeter ça », surtout. Aussi, même s'ils sont remplacés par d'autres plus « respectueux » de l'environnement, « il faudra qu'on sensibilise la population » propose en outre Ludovic Ange Kondombo. Et de souligner : « Car il s'agit pas non plus d'utiliser ces 'nouveaux' sachets et puis de les jeter, il faut aussi une sensibilisation plus grande sur le fait qu'on ne jette pas ça n'importe où ».

A lire aussi :
-Le sac plastique, que faire contre ce fléau environnemental ? Partie 1 : Tour d'horizon.

-Le sac plastique, que faire contre ce fléau environnemental ? Partie 2 : Interdire le sac (et autre emballage) plastique au Burkina Faso est-il la meilleure solution ?

-Le sac plastique, que faire contre ce fléau environnemental ? Partie 3 : La solution dans la gestion des déchets ?

Jessica Rat

Lefaso.net

Le Faso

Ses derniers articles: Tirage au sort des barrages de la coupe du monde 2014 :  Paroisse de Bissighin : les élèves et étudiants  Coupe OAPI : ONEA en dames et SONABHY en hommes 

plastique

AFP

Maroc: saisie de 421 tonnes de sacs plastique depuis leur interdiction

Maroc: saisie de 421 tonnes de sacs plastique depuis leur interdiction

AFP

La Tunisie interdit les sacs plastique dans les supermarchés

La Tunisie interdit les sacs plastique dans les supermarchés

AFP

Nigeria: pas de riz en plastique en circulation, mais du riz de contrebande

Nigeria: pas de riz en plastique en circulation, mais du riz de contrebande